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J’étais étonnée hier d’avoir si peu de conséquences, pour ne pas dire aucune, de cette nuit blanche. Le soir en me couchant, j’ai commencé à être un peu moins cohérente. J’ai voulu absolument faire mon anglais malgré tout et ça a donné quelques fous rires à LeChat, peu charitable : au moment de prononcer à voix haute « next week » j’ai pensé « Nesquick ». Forcément, qu’il a rigolé.
Aujourd’hui est difficile. Je suis dans un brouillard épuisé que ma nuit n’a pas apaisé, bien au contraire. D’abord parce que j’ai mal dormi, le cerveau peinant toujours à s’arrêter. Je ne parle pas de pensées parasites, juste d’une activité cérébrale, comme s’il lui restait de l’énergie et qu’il n’était pas en capacité de la poser quelque part loin du tableau de commandes. Ensuite parce que j’ai du sommeil en retard comme rarement. J’ai siesté une heure dans un endormissement assez en surface, en suis sortie tout autant dans le brouillard si ce n’est plus. La dette. Je n’avais pas conscience, bien que ce soit désormais évident, que vivre dans le présent, s’y inscrire, s’y ancrer, revenait à retirer l’état de dissociation même. Dans son entiereté.
LeChat a une théorie qui me parle beaucoup : toute l’énergie mise pour bloquer les douleurs, à ne pas être dans mon corps (traumas inclus), à ne pas être connectée à moi, s’est libérée d’un seul coup sans plus avoir aucun mur contre lequel buter. Le cerveau n’a plus su comment s’arrêter, la nuit blanche a suivi, et tout le reste déferle en moi comme un tsunami. En hyper-sollicitation – je ne sais plus où regarder, quoi écouter, ça part un peu dans tous les sens. Je suis effrayée par tout ce que j’ai recouvert, empêché d’être, et qui me saute dessus les unes après les autres.
Le soir, ma gorge se pare de couteaux, ce ce qui me fait me jeter dans la salle de bain dans la seconde qui suit afin d’attraper en urgence une pastille qui sera heureusement efficace. Au moment de dormir, je respire l’huile essentielle de menthe pour contrer des nausées assez violentes.
Ça explose.
Dans. Tous. Les. Sens.
Ce que je trouve abusé. Mon corps a le droit d’y aller plus en douceur, tout de même… je ne sais pas si je serai écoutée, mais je le lui demande : de la douceur.
Début d’escarre au coude gauche – l’appui sur le bureau. Je me creuse.
Connexion 4G lamentable, toute la journée. Impossible de lancer un jeu.
Bientôt deux mois qu’on n’a plus la fibre.
Mais heureusement, les opérateurs sont là pour que ça n’arrive plus. Ah non ? Non.
Les abeilles de notre ruche n’ont pas survécu au pic de chaleur, la semaine des 45°.
Ça me rend. Triste. En colère. En rage, même.
Ce dérègelement climatique est évitable.
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Est-ce qu’on comprend toujours toutes nos fissures. Je sens comme ces jours manquent d’un garde-fou, je n’avais pas conscience d’y aller si fort en voulant simplement écouter la douleur, pas conscience des murs que je retirais de fait. J’oscille – littéralement – je perds l’équilibre un peu plus fort, ça hurle en moi et ne demande qu’à jaillir pour tout et n’importe quoi, je ne sais pas où est le chemin. Des angoisses surgissent d’un coup, que j’écoute, attrape, observe, je ne me lâche pas mais je ne sais pas où je vais. Je me contente de recevoir angoisses colères douleurs, avec l’impression de tenir une corde qui part loin dans le brouillard.
Je saisis avec beaucoup de brutalité que ce concept d’instant présent est tout sauf possible pour la société traumatisée que nous sommes, je comprends que ce soit pointé du doigt, moqué : l’instant présent, c’est faire face à la dissociation. La société est totalement disloquée, comment voulez-vous qu’on assume des failles aussi béantes. C’est terrifiant.
Je disais l’autre jour que j’aurais été une meilleure amie sans cette dissociation, je crois que l’inverse est vrai aussi, les gens auraient été de meilleurs ami.es avec moi ou je les aurais virés plus tôt. J’aurais pu prendre mieux soin de moi, dans mes relations, je n’aurais pas laissé passer tout ce qui m’a été dit, écrasé, abîmé – j’ose l’espérer. Tout cela n’est qu’intuition. Pour l’instant, dans mon ressenti, je crois que c’est ce qu’il y a de plus stable, devant moi, ce qui ne passera plus. Je démantèle les distances, les mots de trop, les absences, les non-rappels, les mots qui blessent sans volonté propre, les fatigues, les enfants, le travail, le mépris de classe, l’épuisement, les incompréhensions sauvages, les déménagements, celles qui allaient se suicider, ceux qui allaient tomber malades et en mourir, celle qui allait tomber malade et me sortir de sa vie, celles que j’ai mal écoutées, celles à qui je n’ai jamais répondu, celle.eux qui ne sont jamais venu.es me chercher, celle.eux à qui je n’ai jamais rouvert la porte mais qui étaient derrière, celui qui m’a fait croire à une TS à qui j’ai claqué la porte, ceux dont je n’ai plus compris le monde, ceux qui n’ont plus compris le mien, ceux à qui je n’avais plus rien à dire, ceux qui ne savaient plus m’écouter, les validistes à qui il ne faut surtout pas dire ou montrer, les chemins qui ont bifurqué, c’est un peu sans fin mais je sens comme la dissociation (la mienne, la leur) a abîmé nos relations.
Je voulais juste écouter la douleur, j’ai l’impression d’avoir branché un haut-parleur sur ma propre planète et qu’il hurle sans s’arrêter tout ce que je n’ai pas entendu ces quarante-neuf dernières années.
Connexion internet vraiment lamentable – ça doit être lié.
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Cauchemar épouvantable que j’ai en grande partie oublié, où une amie de ma grand-mère (mais sans les cheveux blancs, 40 ans je dirais) avait la bouche cousue – et au moment de me réveiller, m’est venue une question qui m’a poursuivie au réveil : est-ce une punition pour s’être trompée de chemin ?
Le technicien internet nous dit « je ne viens que pour constater que cela doit être réparé par Orange », ce à quoi nous lui avons répondu « c’est réparé ». Il était surpris. Qu’il ne soit pas au courant me laisse perplexe, mais soit. Pas comme si toute cette histoire relevait de la communication.
Il nous relie donc, sans débrancher personne puisque le tableau est enfin aux normes et complet.
Comme internet fonctionne pour la première fois réellement depuis deux mois, nous prenons la voiture. Pour tout casser. Je nous pense complètement inconscients. Nous partons voir Bouygues pour demander une box qui convienne à notre forfait (on paye très cher, comme si nous avions une wifi 7, mais nous avons une 5, et donc un wifi qui va avec c’est à dire pourri et aléatoire), et à la place, comme la boutique est fermée (on a oublié de vérifier avant de partir), on passe la porte suivante, collée, juste à côté, à savoir : Orange. Qui se trouve avoir des forfaits beaucoup moins chers, avec le double de débit et une wifi 7.
Comment te dire ça.
On a résilié Bouygues, on a pris Orange pour tous nos forfaits (moins chers et de meilleure qualité, puisque Orange est prioritaire sur tous les réseaux, quels qu’ils soient) (ce qui devrait AUSSI régler notre problème de réseau téléphonique pourri à la maison). Pour découvrir que, ah ah, en fait, reste assis ça va faire mal : nous n’avons pas la fibre de manière officielle. Les parasites, c’était nous ><
L’installateur d’il y a 4 ans (et on comprend très vite, à la lecture, le problème) n’a jamais fait le travail demandé (forcément, ça lui a pris seulement deux heures) : il a pris le spot du numéro 347 de notre chemin (sans nous le dire), à bien 50 mètres de la maison. Ce qui a entraîné des emmerdements en chaîne : le 347 a du coup « volé » le spot officiel du 347a qui lui-même s’est battu pendant un an et a repayé 800 € pour obtenir son spot fibre cette année – il est vénère (on a vu la carte, le point a été pris dans le champ d’à côté ; plus qu’à espérer que le maïs n’ait pas besoin de la fibre un jour). Je ne suis pas certaine d’avoir envie de lui dire qu’à la base, ça vient de chez nous. Enfin, d’un technicien en noir et orange, bien viril et (in)compétent qui s’est pris pour un cowboy.
Sinon, ça va.
On le vit bien (non).
Le vendeur d’Orange nous raccorde à la nouvelle fibre le 23 juillet, sur le spot 347. Et va envoyer un rapport pour que nous ayons un point d’accès officiel, en légalisant ce qui est déjà en place. À priori, sans (re)payer, puisqu’il n’y a plus de travaux à entamer – complètement aliénant.
Vraiment, je pense que dans cette histoire, alors que tout fonctionnait enfin, nous avons été très insouciants.
Espérons que ça passe.


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Ce que tu décris des conséquences du lâcher-prise me fait un peu penser à ce qui s’est passé pour moi quand j’ai été titularisée, même si chez moi le processus a été totalement inconscient. En tout cas, j’ai l’impression que c’est lié : la titularisation et la mort de Kitsune. Les vertiges ont commencé là. Bon par contre, je crois avoir activement lutté pour revenir à la dissociation, mais ça n’a pas marché 🙂 Et ça n’aurait servi à rien en plus : dissociée ou pas, j’ai toujours été rongée par l’angoisse 😉
C’est intéressant ça, de voir le point de départ. Ça t’a ancrée suffisamment pour faire sauter la dissociation (et je sais comme c’est inconfortable <3 ).
Du fait de faire en conscience, je peux retourner à la dissociation sans problème (je n’ai pas résolu une partie de mes traumas, forcément ça revient et tente de protéger masquer enfermer). Ce qui est gênant, parce que je lutte du coup quand je m’aperçois que j’y suis retournée, mais c’est aussi un bénéfice : quand c’est trop, mon corps passe en sécurité. J’essaye d’écouter un peu les deux. De ne pas me faire du mal, seulement de prendre soin.
L’angoisse, qu’est-ce que ça serait bien de s’en débarrasser… :/
Je pense que je dois lire tes articles précédents poru comprendre ce qui a conduit à ton lâcher prise, et je suis désolée de voir que tu souffres autant.
Quant à la fibre, hum que dire ! vraiment quel bordel, les 3/4 des techniciens ne sont pas formés et sont des nuls alors ceci explique sans doute cela… je suis aussi passée chez Orange cette année, enfin Sosh très exactement mais bon c’est quand même Orange mais en moins cher ^^ J’espère que tout va s’arranger pour la fibre et le reste…
Ben pour l’instant on n’arrive pas à basculer chez Orange, parce que le tableau est HS de leur côté ^^ On a dû offenser un Dieu, je pense, peut-être celui de la technologie ?