Un mois tout en difficultés diverses : bloquée dans un lit sans internet, il ne restait pas grand-chose à ma portée en dehors des livres et je suis vraiment tombée dedans : 31 bouquins lus. Un gouffre d’évasion extraordinaire parfait pour se déconnecter. Mais comme ça n’allait pas fort, je n’ai pas souvent pioché dans de bonnes lectures, mais plus dans une PàL monstrueuse qui avait besoin d’être réduite et qui avait surtout l’avantage d’être à portée de main. Je n’ai fait aucun tri, j’ai lu ce que je trouvais sur la liseuse ou la pile papier, et j’ai enchaîné.
Concernant les critiques, je ne suis pas très aimable, la faute à la douleur et au ras-le-bol général qui était le mien tout au long du mois. Je n’ai eu aucune patience pour la médiocrité ou même simplement pour le « passable » et même pour l’acceptable. Ça n’arrivera pas, mais si un·e auteur·ice passait malencontreusement par là, sachez que je suis désolée : c’est pas vous, c’est moi.
Et si vous avez aimé un livre que je descends en ligne droite jusqu’aux Enfers, je vous aime quand même.
Précisions sur ma notation
. 0.5 ⭐n’aurait pas dû être écrit
. 1 ⭐pas beaucoup mieux, mais il y a pire visiblement
. 1,5 ⭐pas terrible
. 2 ⭐Je n’ai pas aimé mais certaines choses sont à sauver
. 2,5 ⭐ impossible de trancher entre ça m’a plu et j’ai détesté, vide intersidéral
. 3 ⭐ pas mal, sans plus
. 3,5 ⭐bien, quelques réserves
. 4⭐ j’ai adoré
. 4,5 ⭐ presque parfait
. 5 ⭐ perle rare
En fin d’article, vous trouverez les auteurs par tags (plus facile de retrouver ainsi les autres livres lus).
Les titres sont cliquables, si vous souhaitez lire les résumés des ouvrages, ce que je ne dis pas.
Juin, 31 livres lus : 8 romans, 18 mangas, 4 documents, 1 poésie, 2 abandons
7707 pages lues (auxquelles il faudrait ajouter les abandons, dont j’ai lu en gros 100 pages pour l’un et 30 pour l’autre)

Les abandons
Autant évacuer immédiatement ce qui fâche.

Les Maudits, tome 1 : Résurrection – Édith Kabuya
30/476 pages
Mauvais timing ou mauvais bouquin, je n’ai eu aucune patience pour cette lecture clichée et insupportable, à la mise en place très longue. On est bloqué avec une ado relou qui crie tout le temps à l’injustice et ne fait que des conneries non assumées. J’ai eu la sensation de lire Twilight (que j’ai tout autant détesté, mais là c’est pire) : des vampires prétentieux (qu’on ne nomme pas vampire), des personnages tête à claques (ne parlons pas de la protagoniste, c’est pire), beaucoup de ouin-ouin, un style lisse, un vocabulaire pauvre ou complètement absent.
Je ne suis juste pas la cible. On . va . dire . ça.
J’ai tenu 30 pages, j’ai droit à une médaille.
(en vrai je suis désolée, je suis sûre qu’il a son public)
Je pleure encore la beauté du monde – Charlotte McConaghy
100/400 pages
Titre magnifique, réalisation sombre. Je suis allée jusque vers la page 100 et j’ai décidé que ça suffisait. Je m’attendais à un nature writing d’autant que ce livre parle de loups, mais ils sont les grands absents de l’histoire. Je ne l’ai pas trouvé bien écrit du tout, et j’ignore s’il s’agit d’un problème de traduction ou de l’autrice elle-même, mais ça n’a pas fonctionné. Parfois relativement bien écrit mais le plus souvent on est sur une caricature, je ne m’explique pas cet enchainement de plaintes « je suis nulle et ma jumelle parfaite » et de « je suis folle de ce type malsain ». Tout est violent ici, sombre, invraisemblable, beaucoup de traumas, le tout sans subtilité et sans émotions (c’est glacial), et l’héroïne est imbuvable : j’en ai eu marre, j’avais besoin de lumière, j’ai arrêté.
Troisième livre de cette autrice, je m’arrête-là.

Poésie

Cette couleur-là – Tracy K. Smith
304 pages
La poésie, je n’ai jamais été capable de la lire rapidement. Je prends mon temps, j’attrape les mots, je note des phrases. J’ai donc commencé ce livre le 17 avril, et je l’ai lu par-ci par-là. Je l’ai oublié, aussi, pour ne le reprendre que lorsque j’étais dans l’ambiance.
J’ai profondément aimé les premiers poèmes, et le premier titre m’a grandement remuée : « Quelque chose comme mourir, peut-être ». Beauté percutante qui m’a parlé très loin. À travers le livre, il y a toujours une phrase qui appuie l’air de rien sur une émotion. J’apprécie profondément cette autrice.
Les sujets abordés sont très vastes : c’est un regroupement de 5 recueils qui suit le cours de l’histoire américaine « en direct », année après année, sur presque 20 ans. C’est accessible, très beau, parfois obscur pour les thèmes n’étant pas américaine moi-même. Très riche, assez sombre, elle dénonce entre autres racisme, guerres, esclavage, parle de la place de l’homme dans le monde. Très juste, il ne donne pas foi en l’humanité.
Même si je n’ai pas tout apprécié, je suis contente de l’avoir lu.
Mangas
Welcome To The Ballroom – tome 6
J’ai pris ce tome à la médiathèque, par automatisme (après deux mois d’attente avec le précédent), avant de me reprendre une bouffée de colère pour cause de discours sexistes et grossophobes, de mépris envers les débutants et d’insultes. Si j’apprécie toujours le tracé du dessin et ces mouvements si puissants retransmis par son coup de crayon, le contenu est régulièrement insupportable. J’aurais vraiment pensé à une évolution de l’artiste, il n’est pas possible qu’elle n’ait pas de retour ?!
J’arrête là. Je crois. Enfin jusqu’à ce que j’oublie pourquoi j’arrête.






Shadows house,Tomes 1 à 10 – So-ma-to
En mai, j’ai regardé l’animé Shadows House. J’ai accroché à partir de l’épisode 2 et je me suis lancée dans les deux saisons, que j’ai trouvées assez inégales en termes de crédibilité (les premiers épisodes de la saison 2, précisément). La suite n’ayant pas été tournée, j’ai fait quelques recherches et appris qu’à l’origine il y a un manga, finalement déniché en médiathèque.
C’est que l’histoire est vraiment intrigante. Une famille sans visage, toute en ombres, prend à son service des poupées fabriquées pour être leur visage ; ceci afin qu’ils aient des émotions visibles. La poupée doit reproduire le moindre geste, se fondre dans la personnalité de son maître-ombre. Comme ces personnages fabriquent de la suie à la moindre émotion, il y a un ménage très important à faire chaque jour, ce que les poupées font également. Comme je connais la suite, je peux seulement dire qu’il y a des mystères à explorer. Dans le tome 1, il s’agit surtout de poser le décor, d’établir le point de départ d’une histoire étrange et décalée.
Les dessins ont une très grande qualité, ils ont un souci du détail très agréable. On est dans une ambiance victorienne très soignée, bien sombre avec toute cette suie. Les personnages ont chacun une personnalité très marquée, qu’on ne peut pas confondre (vu leur nombre grandissant, c’est une chance).
La fin de la saison 2 de l’animé arrive sur le tome 7, je suis donc entrée dans une phase « nouvelle » où je ne connais rien de la suite.
Tomes 11 à 12 :
Ça se passait bien, et puis il y a eu le tome 11. Déjà le dessin de la couverture ne correspond pas au contenu puisque Edward y apparait très peu. Mais surtout, c’est un épisode où la qualité de la narration a beaucoup baissé. C’est devenu lent, avec peu d’intérêt. Le tome 12 est du même genre, pas formidable… je continue parce que je suis malgré tout intriguée par la suite, mais ce n’est pas génial à lire. Je me demande s »il s’agit toujours de la même personne, la narratrice a peut-être rencontré un problème ? En tout cas la qualité n’y est plus (mais les dessins eux, sont toujours parfaits).
Tomes 13 à 17 :
L’enthousiasme du début est retombé. Le principe est toujours sympathique, le dessin toujours très beau. Celui-ci s’est d’ailleurs un peu étoffé, d’un peu enfantin lors des premiers volumes il a évolué vers un graphisme un peu plus « adulte » (je ne trouve pas d’autres mots, mais il est un peu fort). Le souci vient plus de sa réalisation ; le scénario est parfois lent, parfois rapide. Ce côté inégal essouffle un peu la lecture, même si j’ai la chance d’avoir pu les enchaîner (ça aide bien). L’histoire avance peu, et dans le tome 17 ils ajoutent un personnage censé renverser une situation déjà bien chaotique – pour moi, pas nécessaire. L’ensemble est un peu brouillon, comme si cela avait été écrit dans l’urgence. Cela reste très plaisant à lire, mais l’histoire ne révolutionne plus rien. Je vais la continuer, sans être accro pour autant.
Tomes 18, 19 (lus en juillet, mais autant que ce soit ensemble)
Pas très emballée. J’ai trouvé le 18 assez confus, les révélations semblent sorties tout droit d’un chapeau, c’est assez bancal. Seule l’unification est très bien rendue (le mot « glaçant » revient souvent dans les commentaires et je confirme) et remonte le niveau du livre. Pour le reste, ça ne fonctionne plus pour moi. Ce qui tenait l’histoire au début de la série a complètement disparu dans des intrigues de pouvoir malvenues et mal menées.
Ça, ou je ne suis pas/plus le bon public.
Le tome 19 s’enfonce davantage, encore moins solide que le précédent. La conspiration de Joseph à l’origine de ce chaos est crédible, mais c’est à peu près tout. Je fatigue un peu je crois, de cette histoire qui s’allonge sans rien résoudre.
Romans
Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce
– Lola Lafon
432 pages
J’ai commencé les premières pages un peu en apnée. La meilleure amie de la protagoniste est mourante, et c’était violent Je l’ai reposé pour un moment où je n’aurais que lui à lire, et non plusieurs lectures entamées. Il était difficile de lire ce qui s’approche de l’agonie d’une personne proche quand il y a trois mois et vingt-et-un jours j’en vivais réellement une, difficile de se projeter comme j’ai pu le faire sur ma meilleure amie (qui allait très bien, mais moi sans doute moins). Le phrasé en « tu » a accentué cette sensation de douleur et j’ai dû le poser. D’habitude je n’aime pas être interpellée de la sorte (« tu », « vous », m’est désagréable), mais ici c’est expliqué dans la narration et ce « tu » se coule avec facilité dans l’histoire contée.

C’est avec bien plus de douceur que je suis retournée à ma lecture après quelques jours. Le contexte autour de cette amie dont le cœur s’est arrêté s’est élargi à un thème tout autant difficile à appréhender, les viols. Elle écrit leur histoire, la danse, leur rencontre, fait émerger des personnes comme la danseuse Sylvie Guillem (surnommée Mademoiselle Non) que je ne connaissais pas.
Au milieu du livre intervient un troisième personnage et je me suis retrouvée ralentie, à lire sans comprendre où j’allais, un peu perdue. Et puis je comprends… je suis soudain embarquée comme rarement, je plonge dans les mots, la souffrance, le désarroi, les murs dans lesquels on nous enferme, je suis la petite fille au bout du chemin aux ailes noyées qui se tient sur tous les bords de toutes les fenêtres sans jamais tomber, cherchant l’air comme toutes les révoltées en dehors de la Norme, libre. Ce livre est une claque, une lucidité terrible, il est la date des nuits tuées peintes sur leurs portes, il est une révolte tranchante et un chaos inapprochable, il est ce qu’ils font à nos corps en toute impunité, il appelle à vivre, à vivre avec puissance et rage, à entrer en résistance contre les violences répressives et bien pensantes.
Ce livre est mon coup de cœur de ce mois, je vais me l’offrir comme un rappel à être une petite fille au bout du chemin.
Mais voilà que je ne veux pas être réparée. Sauvegardée. Rafistolée pour continuer à avancer. Je ne voudrais pas qu’on colmate ce que je m’acharne à défaire, à découdre. Vois-tu, je travaille à être insauvable, irrécupérable. Aussi fugace, irrattrapable et fragile qu’un moment dans le temps. Pour ne pas offrir de prise, il me faudra rentrer en silence comme on va en résistance. Et à toute interrogation, leur répondre : je ne sais pas, je me demande, je cherche. Je dépose des questions. Je fabrique des doutes.
Sortir d’ici, tu dis. Mais ma chambre me paraît encore trop vaste, il me faudrait un trou, un renfoncement sous un éboulement de gravats, de la poussière, des racines emmêlées, du béton. Être recouverte. Vouloir dormir, souhaiter dormir et ne jamais assez dormir, être assoiffée de disparition, d’ombre et de recoins.

La théorie des couleurs – Mazey Eddings
230 pages
J’ai voulu le lire pour les personnages principaux, l’un autiste et l’autre TDAH ; c’est ce qui m’a attiré, la neuroatypie des protagonistes. Je dois reconnaitre que sur ce plan, c’est correct. Ça n’atteint pas du tout la qualité du livre Les étincelles invisibles concernant l’autisme, mais la représentation pour l’instant est bien (même s’il n’y a pas une personne TDAH et/ou autiste qui soit identique). Ce qui me gêne, c’est que je ne suis pas le public : (très) young adult et (très) romance. Je ne suis pas folle des romances. Et cela manque pas mal de crédibilité au niveau des situations rencontrées.
J’ai terminé ce livre un peu rapidement, surtout pour m’en débarrasser.
D’un côté les personnages sont assez bien représentés dans leurs particularités, de l’autre tout était un peu « trop » : trop parfait, essentiellement. La scène dans l’avion est un peu ridicule (et puis c’est quoi ce jeune enfant malade tout seul), la sortie de l’avion aussi, les « retrouvailles » sont improbables, la suite est très bancale (quelle petite entreprise peut voyager à travers l’Europe comme ça), j’en passe. Tout est comme ça, trop simple, jamais approfondi, principalement là pour servir le propos, facile, cliqhé. Les personnages autour ne sont pas développés, l’histoire est superficielle et sans intérêt, les dialogues un peu trop pédagogiques. Il y a de bons moments ceci dit, mais pas suffisamment pour contrebalancer. Je pense que ça doit passer sans souci auprès d’un jeune public ou de personnes ayant besoin d’un livre sans prise de tête, je n’étais personnellement pas du tout dans le mood.
Je ne suis pas convaincue par l’ensemble (d’ailleurs, j’attends toujours que la vitre soit réparée ; c’est insupportable, les situations non résolues dans les livres. Il y a aussi une clé d’hôtel perdue dont personne ne parle plus jamais).
Je devais lire tout autre chose (j’ai une PàL digne du contenu d’une grande médiathèque), et puis je suis tombée sur La chronique des Rokesby. Essayez d’oublier ce que j’ai dit juste au-dessus sur la lecture sans prise de tête, à savoir le mood dans lequel je n’étais pas trente secondes avant. Entre-temps, il s’est passé deux choses :
1. j’ai un petit faible pour les Bridgerton à cause de la saison 1 de la série Netflix (j’adore Daphné). Je suis tombée sur ce double tome à la médiathèque, et même si je savais que sa lecture allait m’agacer à plusieurs moments, et bien je l’ai emprunté. Parce que.
2. je me suis rendue à la plage de la rivière pas trop loin de la maison, l’eau est trop froide pour que je me baigne, j’ai mal et j’ai besoin de me vider la tête (impossible de me concentrer pour des lectures plus solides) et il me fallait donc justement une lecture pas prise de tête.
Ce que la vie est bien faite.
La chronique des Rokesby – Intégrale, tome 1 – Julia Quinn
736 pages
Fou ce que ces petites choses peuvent se lire vite. C’est du consommable, et j’aime beaucoup m’y reposer. Sans surprise, j’apprécie la détente, les personnages bien campés (au moins, ils ne sont pas interchangeables), la boulimie de lecture associée, et les belles robes (qu’il me serait insupportable de porter, soit dit en passant).
Toujours sans surprise, je n’aime pas la partie je l’aime/je sais pas si je l’aime/elle ou il ne m’aime paaaaas/ etc etc etc, je déteste les clichés du genre, les caricatures, le côté roman de gare. J’ai conscience que c’est une lecture incohérente, je déteste les romances, je ne sais pas ce que je fous là.

Mais en réalité je crois que je les aime bien, je les trouve juste le plus souvent mal écrites. Comme ici. : ce n’est pas hyper bien écrit, il n’y a pas d’intrigue, on s’ennuie un peu. Mais je me détends (ce qui est tout ce que je lui demandais), et je saute les passages pénibles du type je t’aime-moi non plus.
La 2è histoire est certes un peu plus « active », mais ça reste plat et attendu, avec une écriture simple ; les clichés du genre sont présents à toutes les pages. Le livre se lit très vite et a le mérite de vider la tête. Mais après avoir lu la première, je n’avais plus du tout aucune patience pour la seconde et je l’ai franchement expédiée : je n’avais plus besoin de me vider la tête justement, juste de terminer le livre.
Je mets malgré tout 3 étoiles ; pour avoir lu d’autres autrices du genre, il y a bien pire que Julia Quinn qui s’en sort finalement assez bien. Si on doit comparer.

Katabasis – R. F. Kuang
608 pages
Le début est vraiment un régal. Mais rapidement, le voyage à travers les Enfers (littéralement) m’est un mélange d’intérêt et de désintérêt, selon le moment de lecture. On sent toute la richesse, les recherches approfondies, elle touche à la physique, la philosophie, les mathématiques et pourtant ça tient mal. L’autrice a toujours ce petit côté envoûtant qui m’avait marqué dans Babel, et pourtant c’est long, on s’ennuie. Il m’a manqué un petit quelque chose, une action, une vivacité. J’ai souvent eu la sensation de me promener aux Enfers avec des paysages assez ternes (si on excepte la première cour). C’était assez étonnant pour moi : je peinais à poser le livre tant je voulais la suite, mais une fois mis à distance je ne me jetais pas dessus pour le reprendre. Une lecture en demi-teinte, donc, avec pourtant un énorme travail derrière qui m’a aussi enchantée.
Par contre j’ai beaucoup apprécié le travail de dés-emprise effectué avec ce professeur tyran sans cesse excusé, c’était très bien rendu. Et si je n’ai pas été autant conquise qu’avec Babel, je vais dans tous les cas continuer à lire l’autrice.
Le Gardien du camphrier – Keigo Higashino
320 pages
J’ai commencé ce livre en étant mitigée sur le style, dans un mélange d’intérêt et d’attente. C’est souvent assez naïf et à base de « si tu veux tu peux » ce qui m’a agacée pas mal. Et puis l’ennui s’est installé. Je n’aime pas beaucoup l’intrigue (à base de petits mensonges et de non-respect de la spiritualité), il n’y a pas de profondeur des personnages, on avance avec une certaine lourdeur et je n’ai pas le lâcher-prise nécessaire actuellement. J’ai la sensation qu’avec un certain abandon il peut être doux, mais je ne suis pas alignée. Le livre m’est tombé des mains.

Faire une pause était une bonne chose, j’ai pu reprendre ma lecture et apprécier davantage. Malgré tout, le livre reste dans la vibe narrative japonaise « réparation du passé avec un peu de magie » qui ne m’enthousiasme pas. Je l’ai trouvé mieux écrit que d’autres, doux, un brin nostalgique, assez lent. Il devrait bien plaire aux personnes adeptes d’ambiance ou feel good, avec en toile de fond spiritualité et rédemption.

Un amour noir – Joyce Carol Oates
144 pages
Trouvé en boite à livres.
C’est le troisième livre que je lis d’elle et ça ne fonctionne toujours pas au niveau du style. J’aimerais, pourtant, j’insiste, mais là je pense que ça sera le dernier. Je l’ai trouvé froid, sans émotion, sans force narrative. L’histoire était pourtant intéressante, mais comme tenue à distance. Elle aborde les années 1900, le racisme, le mariage sans amour et l’amour adultérin, les enfants non désirés, une femme indépendante détruite par le système. Je ne suis pas rentrée dans l’histoire et je suis restée totalement hermétique à l’ensemble. Il a manqué une profondeur aux personnages et même à leur relation.
Le Chant des oubliées – Kristin Hannah
696 pages
Je me suis lancée dans ce roman sur les femmes infirmières au Vietnam complètement invisibilisées et pourtant tout autant traumatisées par cette guerre que les vétérans militaires. Le sujet était très important, très puissant, autant sur un plan historique que ces femmes totalement ignorées (comme trop souvent). Malheureusement pour un sujet aussi rarement abordé voire pas du tout, le livre n’est pas à la hauteur. L’atmosphère de ce pays est très bien rendue, le SSPT l’est assez bien également, mais ça s’arrête là. Le hasard fait tellement bien les choses dans ce livre, sans lui plus d’intrigue (très vite rien n’est plus crédible). C’est surtout un long parcours d’histoires amoureuses peu réalistes et prévisibles, qui n’étaient pas nécessaires vu le sujet. Le vocabulaire est peu recherché, mais le style est facile, agréable, ce qui fait qu’on tourne les pages malgré tout.

La dernière partie part un peu dans tous les sens, par contre. L’héroïne passe son temps à être sauvée (mais n’a jamais besoin d’apporter son aide aux autres, c’est pratique). La cerise sur le gâteau, c’est l’agonie d’une femme qui attend que son fils vienne la voir pendant des jours, il passe la porte, dernier souffle hop. Même pas une minute (et le fils repart dans la foulée merci au revoir). Pour avoir assisté à une véritable fin de vie, et elle m’avait attendue elle aussi, ça ne dure pas une minute, non. Ces petits passages expédiés qui servent le récit, il y en a plein et c’est lassant. Vraiment dommage vu le sujet. Décidément, les romances et moi, ça ne fonctionne pas souvent.

La Tisseuse de vents – Nina Lan
416 pages
Je suis ressortie du livre assez mitigée. L’idée de départ était intéressante, les personnages semblaient bien construits, j’avais envie de savoir la suite. Je n’étais pas une grande fan du « il faut frapper une personne pour lui retirer sa magie » mais soit. Et puis c’est finalement devenu assez cliché. Teren est un personnage instable et incompréhensible, il n’a aucune suite logique dans ses décisions. Le méchant est un vrai méchant qui ne pense qu’au pouvoir, suivi par des adeptes dont on ne connait pas la motivation (à part une, dont l’excuse semble être « elle n’a pas réfléchi au problème »).
L’univers est mal défini, les rebondissements sont prévisibles avec un rythme très mal géré : lent au début, précipité en 2ᵉ partie. Et alors la bataille dure indéfiniment, je n’en pouvais plus de tourner les pages et qu’ils en soient encore là, à se battre sans bien saisir qui faisait quoi et sans que rien n’avance.
Je pense toutefois qu’il plaira à un jeune public et aux amateurs du genre.
Documents
Un peu lassée par ma lecture précédente (ce n’est pas dans l’ordre, mais j’avais lu les Rokesby ; j’ai beaucoup soupiré, même si ça m’a permis de poser mon cerveau épuisé), je me suis lancée dans Me first avec l’idée que j’avais besoin de quelque chose d’un peu opposé (c’est-à-dire féministe), avec pas trop de pages non plus (il fallait vraiment que je me lance dans Katabasis, pour un challenge à date limitée).
Il était parfait.
Il m’a énervée.
Me first ! – Corinne Maier
161 pages
Le point de départ était pourtant impeccable : plus d’égoïsme du côté des femmes ferait du bien à tout le monde. Prendre soin de tous (enfants, conjoints, parents, etc.) fait forcément de la femme une grande perdante.
Mais j’avais mal lu l’énoncé, pourtant très clair : « L’auteure propose d’inculquer l’égoïsme aux filles plutôt que d’apprendre le care et l’empathie aux garçons, et donne des solutions pour libérer les femmes. » Et c’est là que ça bascule : faire de la femme un homme égoïste. Dans ses injonctions (même pas des conseils), il y a abandonner ses enfants – tout de même. Ne pas s’en occuper, pas davantage des petits-enfants, divorcer, être seule.
Mais pas comme elle : elle a des enfants et des petits-enfants (dont elle ne s’occupe pas, ça redevient cohérent, elle est divorcée et seule).

Tout ceci mis à part, elle a raison sur un point : les femmes s’oublient trop et il est temps qu’elles pensent à prendre soin d’elles, de leur travail, de leur carrière, de leurs passions. Mais
. dans la première partie, l’autrice règle ses comptes avec les femmes, qu’elle compare les unes aux autres (exit les hommes de l’équation, ils ne sont jamais le problème, n’existent même pas), qu’elle juge responsables de tous les problèmes d’inégalités actuels
. les solutions qu’elle donne en deuxième partie sont un mélange de « yaka », de « il faut », vaguement de bon sens, uniquement des injonctions (abandon d’enfant et divorce inclus). En fait le problème n’est pas (toujours) ce qu’elle dit, mais la manière dont elle le dit. Elle a claqué la porte et elle voudrait être suivie. Par de jeunes hommes si possible (cf. la dernière page avant la conclusion où elle leur propose de lui écrire, se comparant à Marguerite Duras elle attend son Yann Andréa qui l’adulera). C’est sans doute caustique, mais je suis littérale (et le propos est cohérent avec le reste du livre ce qui donne l’impression qu’elle est sérieuse) :
« Je profite de ces pages pour passer un message : jeunes gens, m’écrire à l’éditeur qui transmettra, j’étudierai vos propositions. Plus de 40 ans, s’abstenir pour cause de dépassement de date de péremption. »
Elle a 63 ans (je précise pour comprendre ses propos).
Je n’ai pas du tout apprécié le ton condescendant, méprisant, employé tout au long du livre. Comme là.
On connaît toutes des « tapis-brosses », ces femmes qui se complaisent dans leurs rôles d’épouse et de mère, dont la seule conversation, les seules préoccupations, tournent autour du mari et des enfants. Je préfère les appeler des merdeufs, mères de famille standards vouées au maternage.
Pardon mais. Les femmes ont le droit de choisir leur vie et de s’épanouir en tant que mères. D’autres encore ne sont pas forcément déconstruites, ou n’ont pas les moyens/les capacités de vivre une autre vie. Dans tous les cas, on n’est pas là pour se juger et/ou se sentir supérieur, encore moins s’insulter. C’est consternant.
Pour autant elle dit des choses très justes, mais que j’ai déjà lu ailleurs et plusieurs fois. Du coup je n’ai pas eu l’impression que le débat avançait beaucoup, même en triant lesdites insultes.
Un passage m’a laissée perplexe. Je ne sais pas où elle a pris ses statistiques puisqu’elle ne met aucune source. Mais pour ce que j’en ai compris, c’est plutôt faux.
les hommes mariés ou en couple sont en meilleure santé que les hommes seuls et vivent plus longtemps ; en revanche, les femmes mariées meurent plus tôt que si elles n’avaient pas été mariées.
Ceci dit côté approximation, il y en a d’autres : non, Jeff Bezos n’est pas l’homme le plus riche du monde. Et puis il fallait oser comparer MacKenzie Bezos (plusieurs milliards obtenus lors de son divorce) à Ingrid Levavasseur (même si cette fois elle cite sa source, la dernière phrase est bien d’elle) :
Les chercheuses Céline Bessière et Sibylle Gollac mettent en parallèle dans Le Genre du capital les destins de deux femmes : MacKenzie Bezos, ex-femme de Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, et Ingrid Levavasseur, figure nationale des Gilets jaunes, aide-soignante, deux enfants, un salaire de 1 250 euros par mois. Tout les oppose et pourtant elles ont des points communs. « Dans leur couple, elles se sont retrouvées en première ligne pour la prise en charge des enfants et la bonne tenue de l’économie domestique. Ainsi, elles ont dû faire des sacrifices sur le plan professionnel, en renonçant ou en remettant à plus tard des projets qui leur tenaient à cœur. Leur vie professionnelle est une succession hachée d’activités, davantage qu’une carrière construite. » Toutes deux ont divorcé et, pour elles, la séparation a entraîné un appauvrissement par rapport à leur situation antérieure.
Plus pauvre en divorçant avec plusieurs milliards de dollars ? Je ne crois pas qu’elle verra la différence à la fin du mois.
Je suis bien agacée d’être agacée : elle a raison d’un côté (et j’aurais voulu rester là-dessus), tort de l’autre. Faire porter la faute aux femmes et particulièrement aux mères, c’est oublier un peu vite le contexte sociétal et frapper, encore, sur les mêmes : les femmes.
Bref.
Je suis énervée.
Je ne doute pas que son histoire personnelle explique qu’elle en soit arrivée à cette conclusion de « la faute aux femmes » et « soyons aussi cons que les hommes », mais c’est insupportable à lire.

Lois Lowry – Agnès Desarthe
72 pages
Je suis allée fouiller ma PàL de livres papier et j’ai retrouvé un petit bouquin trouvé en boîte à livres : Lois Lowry. Il est un peu taché sur la couverture (j’ai frotté pour retirer le plus d’éclaboussures noires qui le constellaient) et le titre, très jaune flash, s’efface un peu, mais l’intérieur est impeccable (le principal).
Le livre retrace l’histoire de l’autrice Lois Lowry, de son enfance avec ses frère et sœur, les lieux où elle a habité tel le Japon (avec une anecdote très jolie), jusqu’à l’âge adulte. L’écriture est aussi soignée que celle dont on parle, c’est poétique et très doux. Son principal défaut est sa petitesse, on ne peut que survoler cette femme très intéressante pourtant. Quelques photos parsèment les pages et on suit sa passion de la lecture et de l’écriture avec plaisir. Mais. Si court… si peu à lire.
«Le commencement du chagrin », comme l’appelle le poète Billy Collins, coïncide avec le commencement de l’écriture.
Et pourtant, Lois Lowry est l’un des écrivains les plus drôles qui soient. Ses romans font partie de ceux qui peuvent vous faire rire tout haut, irrépressiblement. Mais tout ce qui blesse, tout ce qui fait mal y tient une place importante, car elle sait qu’une des raisons pour lesquelles les enfants lisent (les adultes aussi, d’ailleurs), c’est pour trouver une expression au chagrin qui les tourmente.
En fin d’ouvrage, Agnès Desarthe interviewe les personnages de fiction de Lois Lowry, ce qui ne m’a pas du tout parlé, pour ne pas dire agacée (mais pourra en intéresser d’autres).
Le passé est ma saison préférée – Julia Kerninon
154 pages
J’ai beaucoup apprécié le mélange de son expérience personnelle et la vie de Gertrude Stein, un mix d’intime et d’essai qui a du mal à se définir. Il en ressort un texte puissant qui questionne la place de l’écriture et de la lecture chez la femme face aux pressions sociales limitant la liberté de penser.
Ce livre est une confirmation pour moi : j’aime profondément l’écriture de Julia Kerninon, en tout cas dans ces essais-intimes (je n’ai pas testé les romans, encore), et je compte bien tous les trouver et les lire.
Je me l’offrirais volontiers…


Pour Britney – Louise Chennevière
133 pages
Une claque.
Un livre où l’autrice s’excuse d’avoir à l’adolescence, tourné le dos à Britney Spears, puis critiqué cette femme comme tout le monde.
Je me suis faite renverser par ce texte que j’ai lu d’une seule traite, qu’il FAUT lire d’une seule traite. Je l’ai lu comme on boit la tasse, parce que c’est ce que nous fait la société, le patriarcat, nous noyer. L’autrice interroge et pointe du doigt (de la main, de tout le corps, depuis Britney Spears et Nelly Arcan et depuis toutes les femmes et ça ne sera jamais assez) ce qu’est être une femme et ses conséquences délétères, quoi qu’elle dise quoi qu’elle fasse, qu’importe qu’elle soit vierge ou pute, qu’elle écrive ou qu’elle soit physicienne, toujours elle sera ramenée au corps et seulement au corps.
L’écriture hachée où le souffle manque pour reprendre pied est comme un cri féroce, les virgules bousculent les rires dans les gorges, et si de mon côté je n’avais pas ri lorsque Britney s’était rasé la tête j’avais par contre pensé qu’elle perdait pied et de cela, moi aussi, je veux bien demander pardon.
Je sais que le style en rebutera certain·es, on aime ou on déteste. En ce qui me concerne, c’est mon coup de cœur de ce mois.
C’est une drôle de chose que l’enfance, c’est, la chose la plus loin et peut-être, la plus proche. Je sais de source vive que, de certaines enfances on ne se remet pas.
(…) j’ai entendu d’autres hommes me glisser à l’oreille, un peu outrés, Louise on voit ta culotte, je ne leur ai jamais répondu , et alors ? toujours je fermais les jambes un peu gênée, un peu humiliée d’être soudain rappelée ainsi à ce fait de mon corps, qu’il ne fallait pas oublier, pas cesser de surveiller sans quoi on ne savait pas ce qui pouvait vous arriver, n’est-ce pas, ne pas oublier de veiller à ce qu’on ne puisse pas prendre cela, le fait de se tenir, par simple négligence ou peut-être par envie, les jambes écartées dans un parc avec ses amis, pour un signe, sans quoi il risquait toujours d’y avoir quelqu’un quelque part pour prendre cela pour une invitation.
Non, je ne leur ai jamais répondu « Et alors, qu’est-ce que cela peut me faire qu’on voie ma culotte, ce n’est pas ma faute à moi s’il y en a pour, regarder la culotte d’une jeune inconnue et si ce regard n’est pas, un simple regard […] moi qui ait tant de fois dû subir la vue involontaire du sexe d’un inconnu alors que je rentrais seule dans la nuit et que le type pissait là, sans pudeur ni honte, au beau milieu de trottoir, et vite vite détourner le regard, et jamais je n’ai voulu lorgner, sauter sur cette chose-là, me l’approprier non, jamais je n’ai été excitée par la vue d’un caleçon dépassant du short, d’une couille dépassant du maillot, car je n’ai jamais désiré moi, un organe sexuel, comme ça, in abstracto, indépendamment d’une tête et de tout ce qu’il y a dedans »
Je me le suis offert directement après la lecture, celui-ci. Je l’ai même patiemment attendu 10 jours (visiblement pas si simple à obtenir pour une librairie).
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