« Du genre qui soulève la gorge,
comme si le corps entier se remplissait d’un cri. »
La Séquence Aardtman
– Saul Pandelakis
Je me suis doucement retirée. Je dis doucement parce que n’étant plus sur les RS je crois pouvoir dire que lorsque je ne suis pas présente activement derrière mon écran, ça ne se voit plus. J’aime ce silence rentré qui ne me dit pas, cette espèce de chute lente invisible. Je suis retournée au fond de moi chercher un certain équilibre dans cette solitude, et ce qui est arrivé à la surface, c’est que j’ai besoin de me vivre différemment. Au milieu de ce silence j’ai lu Les furtifs et je me suis sentie là, dans ce mouvement, à vivre autrement tous mes mondes parallèles. Je ne sais pas encore qui émerge.
Un des silences les plus marquants que je vis, c’est le sien. Je m’étais habituée à ses errances temporelles et ses soudaines connections très ancrées, aux surprises qu’elle me tendait en parlant soudain de ma mère et cette compréhension fine qu’elle avait à retardement des faits – plus de quarante ans d’écart, parfois. Elle alternait face visible face cachée dans une mémoire qui jouait à cache-cache avec ses prises de conscience. J’aimais. Ca venait trop tard, mais c’était là et donc précieux. Elle me réhabilitait dans un espace réel où je n’étais plus seule avec la folie de ma mère.
Je l’ai perdu.
Mes tantes effacent. Elles effacent toutes ses méchancetés, ses bassesses, ses agressions, ses délires, ses mensonges, sa haine, ses dissociations, ses coups, ses rages délirantes, je n’ai droit quà cette phrase « il faut pardonner ». Mais ce n’est pas la question. Je ne suis pas en colère, je ne suis pas à me débattre ou à vouloir hurler, je ne suis dans aucune haine, j’ai seulement besoin qu’il soit entendu que ce qu’elle a fait, la vie que j’ai eu contre des murs et les lacets du martinet, que tout ça c’était sa méchanceté et sa folie et qu’elle lézardait mes bases, que ça m’a tuée. Il n’y a pas à pardonner, juste à entendre. L’instabilité te massacre plus sûrement qu’un coup de poing. J’ai quarante neuf ans, je ne gère toujours pas les froncements de sourcils.
Ma grand-mère faisait le chemin, sa mort a créé une impasse
– silence
Quelque part durant le mois j’ai fait une prise de sang, je l’ai réclamée à la Doc. L’infirmière m’a demandé, vous êtes allergique ? et j’ai expliqué, un peu. Elle a voulu savoir comment j’avais fait pour ne plus l’être (peut-être) parce que sa fille l’était, et j’ai vu passer sur son visage un espoir. Je n’ai pas su bien répondre, j’ai parlé de transmission transgénérationnelle mais que je l’avais fait seule et c’était la raison de ma présence, j’avais besoin de vérifier. Elle m’a répondu « vous êtes courageuse ». Je ne crois pas qu’il y ait un rapport.
J’ai reçu le résultat de la prise de sang, parce que j’avais besoin de vérifier que je ne tournais pas folle. Entre le pollen, la poussière et les idées parasites à base de « mais là quand même je ne respire pas terrible » après avoir mangé une pâtisserie dans une boulangerie, je ne savais plus si je pouvais réellement dire que je n’étais plus allergique au lait, si la page de ce bébé avait vraiment été tournée.
Verdict : je n’ai plus en moi la moindre trace de rien, c’est terminé, ni lait ni biberon ni cri d’enfant, rien – si vous saviez le soulagement qui m’est tombé, comme ça, du corps.
Conclusion, apprendre à me faire confiance – mine de rien (suis agacée d’avoir eu besoin d’une validation).
J’ai reçu mes nouvelles lunettes. Elles sont merveilleuses, je dois absolument retourner le lui dire, il a fait un travail remarquable. Au-delà de ma correction, il a de toute évidence ajouté un petit effet loupe merveilleux qui apaise totalement mes yeux, et donc mon travail ou ma lecture. Le soulagement est total.
J’ai pris le train (3) comme on s’échappe. J’ai retrouvé Blanche à Montpellier pour une journée qui m’appartenait totalement, je n’ai acheté aucun livre mais je me suis trouvée deux feutres, j’ai mangé dans le meilleur restaurant de la ville – visiblement – une salade délicieuse complètement improbable à base d’avocat et de patate douce qu’elle m’a offert parce que j’avais 49 ans soudain, j’ai mangé un crumble et bu un thé très bons chez ma fournisseuse préférée (avant d’être devenue élitiste) avec qui j’ai discuté un petit moment, et puis nous avons dessiné l’une et l’autre à l’hôtel de Blanche au milieu de tous les autocollants que je lui avais offert – c’était presque son anniversaire aussi, ça nous a fait rire. Pour les voir tous, elle les a étalés dans l’espace comme des bonbons.
Dans les rues, des chaussures habitaient les murs
– à côté du mot Amour.




dissonance
entre les murs


Je ne voulais pas rentrer, le soir. Tellement, j’ai repoussé mon retour à 22h, heure à laquelle j’ai développé une violente angoisse et une idée géniale : à chaque rencontre, nous allions elle et moi dessiner sur un livre et la fois suivante on se les échangerait avant de dessiner de nouveau dessus, renouvelable autant de fois qu’on se voit. Nous obtiendrons à la fin, deux livres qui n’auront de sens qu’ensemble.
Ça m’a rappelé le site de photos que j’avais mis en place dans une autre vie et qui a disparu depuis : je postais une photo, elle me répondait par une autre photo (même couleur ou même motif), puis je répondais d’une autre, et nous avons ainsi communiqué de photos en photos, comblant la distance géographique comme nous pouvions. Nous devrions peut-être recommencer…
Intéressant comme les mots de quelques uns soulignent l’absence de quelques autres. J’ai compté les personnes qui m’avaient oubliée ce jour-là, puis j’ai jeté le chiffre à la poubelle (et probablement aussi certaines personnes) (je me suis demandé à quoi ça rimait de penser à l’anniversaire de cousins qui oubliaient le mien systématiquement et surtout, que j’appréciais moyennement ; cohérence). J’avais plus urgent à gérer : une monumentale crise d’angoisse et une liste longue comme le bras de ce qui n’allait pas. J’ai envoyé le tout à LeChat par SMS depuis mon train qui rentrait trop vite, et j’ai respiré un peu, de phrases en phrases posées sur l’écran. Les étoiles des villes défilaient et je pouvais presque croire que cela ne s’arrêterait jamais, les mots jetés et moi qui ne rentrerais pas.
Il m’a emmenée boire un verre juste pour ne pas rentrer tout de suite, repousser encore un peu le quotidien qui allait reprendre ses droits. J’ai soufflé l’angoisse, accroché l’air frais à mes doigts et aux siens. Et j’ai laissé, en jachère, des pistes de réflexion à venir.
(4) Le nouveau maire a (très bien) caché un projet qui se met en place depuis deux ans (soit sous sa direction ou juste avant), et il a généreusement attendu que les municipales soient passées pour en parler, mais uniquement aux deux commerçants du village : un complexe va s’installer à la sortie avec
. une salle de sport
. un petit Carrefour
. un Marie Blachère
. (et là vraiment, je pensais pas voir ça un jour) un McDonald
Genre, chez nous.
Il a programmé je ne sais pourquoi la mort du centre-ville qui se résume à un cocci-market (dont le couple se démène pour le village, termine souvent plus tard que ses horaires officiels) et une boulangerie (au pain et pâtisseries dégueulasses, pardon mais soyons honnête). Voilà. Notre centre-ville, c’est juste ça et ses 2700 citoyens. Le tout en expliquant que attention hein, il n’y est pour rien, c’était comme ça quand il est arrivé. Autant la boulangerie je ne vais pas la pleurer, autant pour le Cocci-market c’est un coup bas, il ne résistera pas à la vague.
Nous sommes allés signer la pétition – qui ne servira à rien, tout est déjà lancé – pour le principe. Faire les choses en douce et tuer notre centre, ça ne se fait pas (et un McDo non plus, ça ne se fait pas).
En décalé dans les jours suivants, nous apprendrons que le projet avait été refusé par la petite ville juste à côté, avant d’atterrir chez nous. Certains sont plus malins que d’autres.
Quelque part entre les interstices (.), je suis retournée travailler à la friperie. AnMa, tellement heureuse de me voir revenir après deux mois d’absence, m’a offert une poule en chocolat (ma seule concession à Pâques, cette année). Je suis revenue avec la minerve et ça m’a fait du bien, cette reprise. Les cervicales travaillent, la nuit je me réveille encore avec la douleur mais moins et le jour j’apprends mes exercices pour qu’elle s’en aille – des gestes comme des brèches, et se remuscler. Parfois il se pourrait que je fasse n’importe quoi comme faire l’amour sur ce bras, ensuite il se pourrait que j’ai mal longtemps et toutes les nuits qui suivent, et ça serait un enfer ; ça se pourrait.
(7) LeChat m’appelle, en pleine crise d’angoisse – de sa part, c’est rare que ça aille si loin. Pour très exactement les mêmes raisons que moi deux jours plus tôt, en larmes au téléphone avec Blanche, sans se concerter. Avoir des enfants, ça vous fait vieillir prématurément.
Le soir, il a retrouvé son sens de l’humour sur la corde à linge, visiblement ♡


(8) Deux magasins de vêtements et deux magasins de bric-à-brac : ça a suffi pour me mettre à terre avec migraine et brouillard.
(10) Le concert a bousculé mes nuits, déjà fatiguées par sa mort qui elle-même avait entrainé à sa suite d’autres choses. Des échos. Deux heures à chanter bousculer. Un pont entre moi et moi, entre les ombres et l’obscurité, entre l’effondrement et les ruines parce qu’il faut bien parfois y jeter un œil et que ce soir-là tous les ponts se taisaient pour écouter les sons d’une autre. Ce sont des portes qui s’ouvrent, des souvenirs qui passent, des mains qui lâchent des douleurs, la gorge qui pleure d’avoir chanté la rage, ce sont des avenirs et ils différent sur des cadenas qui sautent. Tel un repli qui t’allonge et le calme qui s’installe, nouveau, désormais là pour absorber les chocs. C’est peut-être, un peu, comme un tout, un corps total, une existence ou peut-être, un sentiment très clair d’existence. J’ai lâché le bord, je me tenais tout au-dessus du vide et j’ai lâché. Peut-être pour voir. Peut-être pour tester ma résistance. Peut-être pour rien. Il semble que j’ai appris à voler, je n’ai écrasé ni les fleurs ni les herbes ni moi – ça a sans doute tout à voir avec la douleur qui se calme enfin et devient gérable (qu’est-ce qu’une douleur gérable, tu as 2 heures) mais aussi beaucoup à cette soirée. Un chemin que j’ai voulu, dessiné, un cri nécessaire.
Depuis je passe mes nuits à rêver de la solitude qui est la nôtre, de la destruction de S., tout vient me chercher et j’écoute les mouvements sismiques. J’écoute tellement mal au début, j’arrache jour après jour la peau à la jointure de mes doigts, et puis ça finit par arriver jusqu’à moi, j’arrache comme lorsque j’étais enfant, j’arrache comme lorsque j’étais avec S., j’arrache je saigne j’arrache je saigne j’arrache j’arrache ce qui n’est pas consenti j’arrache les jours les nuits les draps le crash la peur la rage j’arrache et parce que je conscientise l’acte, j’arrête.
Je ne crois plus
La fuite ou le demi-tour
Je ne sais pas dire
Celle que tu es désormais
J’ai cru au partage
Mais tu as tout oublié
Parce qu’elle est morte, j’affronte le deuil des vivants. Ils ont pensé je crois, qu’ils pouvaient eux aussi s’incruster dans leur absence trop présente. Je reprends ma quête de toutes ces personnes qui m’ont lâchée et dont il faut bien, oui, faire le deuil – elles ne sont pas tant, là tout de suite, mais sont juste là dans les ombres, juste une qui compte pour mille. De la même manière que j’ai dû blesser par le passé en fermant des portes, j’apprends à accepter celles qui me viennent sans me faire mal.
J’ai réalisé que je n’avais pas assez écouté. J’ai écrit, rarement parlé, mais avais-je écouté ? Je me suis assise sous les arbres, avec un livre court que je mets la journée à lire. Blanche me l’a offert en me disant « j’avais l’impression que l’autrice avait été avec nous durant toutes nos tasses de thé, toutes nos conversations y sont » et effectivement. Je mets la journée à le lire, tant je prends le temps de savourer les lignes, tant j’ai la sensation que Blanche est là. Il n’y avait rien de nouveau dans ce livre, pas de profondeur dans ces constats, juste la sensation magnifique de lire une tasse de thé.
Et au milieu des mots, je m’écoute.
Dehors. Sous les arbres. Entre les grenouilles les oiseaux et le voisin qui frappait des objets, j’ai écouté ma tristesse et puis je suis allée plus loin, j’ai ouvert le deuil précédent que, bravache, j’ai dit écrit expliqué que je l’avais maîtrisé, que j’avais avancé, et il y avait du vrai. Mais je l’ai aussi en bonne partie muselé lorsqu’il a tenté de revenir récemment. J’ai écouté et puis. J’ai pris la décision de la rupture douce, de faire un détour, d’écouter les émotions, d’arrêter de donner à vide, de croire les mots des autres qui ne seront suivis de rien et j’ai remercié pour ce qui m’avait été offert, aussi, toutes ces années. J’entends ma solitude et je grandis dans la perte.

En quittant ma place d’enfant, j’ai redessiné les contours de mon avenir, redéfinis aussi la place de l’autre, de tous les autres. À ne plus être protégée métaphoriquement (à défaut de l’avoir été), à être la suivante, je suis devenue celle qui doit prendre soin – de moi. Un peu enfermée (sans que ce soit une prison) dans des rôles – femme de ménage – mère – femme – amie à distance – je ressens une nécessité d’être aussi quelqu’un d’autre. Une autre version de moi mais tout de même fidèle. Pas facile à créer – même si cela se fait seul, en réalité.
Cet ensemble est un caléïdoscope et je ne sais pas, ne sais plus, qui est assis où. Si je n’y suis pas, vous n’êtes peut-être même plus là vous non plus.
(13) J’ai tergiversé une dizaine de jours, il me fallait être sûre que je voulais. Et honnêtement, je ne sais toujours pas. Mais j’ai pris les billets de mon prochain concert, en septembre : Amenra. Je l’ai trop voulu pour ne pas m’y rendre lorsqu’il passe à ma portée. Mais la décision est délicate, je n’y suis pas. Je n’ai pas quitté le précédent, comment se projeter, pourquoi se projeter. J’angoisse un peu aussi, les places ne sont pas nominatives et celles assises sont rares. Dois-je m’y rendre en fauteuil ? J’ai fini par trouver une page où le Trianon explique que je pourrai couper la file avec ma carte, qu’ils pourront me mener à un espace assis. L’inquiétude est moins élevée, mais toujours présente.
Les autres prennent tant de place, bousculent, avancent, entrent, parlent, gesticulent, achètent, emportent, se parfument, frappent, déforment, crient, racontent, sortent, mangent, téléphonent, fument, errent, cherchent, oublient, marchent, courent, tombent
– comment ne pas vouloir ralentir.
Je ralentis.
L’impression, leurrée, de tout le temps du monde.
(14) Je rêve qu’on a oublié que nous sommes seuls intrinsèquement, lui rêve que je suis enceinte – et donc habitée.
(15) Je ne retrouve ni chapeau ni tissu pour me protéger la tête des 30°C qui tapent sévèrement dehors, alors je prends une écharpe très colorée et avec, je fais de préférence n’importe quoi dans mes cheveux. LeChat est perdu entre consternation et « non mais c’est bien en vrai », il rit beaucoup, les filles aussi, et je suis perdue à mon tour, est-ce si moche ? Très bohème, c’est certain… mais je ne vois pas le problème, je sors avec.



(21) LeChat descend du grenier nos vêtements d’été et je retrouve avec joie beaucoup de couleurs et textures. Il m’envoie aussi ma robe de mariée (qui fait un peu robe de soirée) pour que les filles l’essaie. Il a oublié, elles ont déjà tenté l’année dernière (17 et 13 ans). Ce sont des brindilles mais visiblement j’étais à peine un fétu de paille, aucune ne peut la passer. Cette robe prend la poussière au grenier ; il veut absolument la conserver quand de mon côté je la ferais volontiers circuler.
Hier soir, j’avais plaqué ma main sur celle de mon amoureux ; son pouce fait deux fois le mien – je suis minuscule.
(23) Je me suis demandé, quelle est la couleur de la vie que je veux.
Je réapprends à me plonger dans les livres, nous mangeons dans le jardin et sous les arbres, j’écoute le chant des oiseaux, j’observe une parade araignesque qui n’aboutit pas, je vois des rougequeue à front blanc se voler autour, j’admire un geai des chênes qui saute-mouton d’arbres en arbres jusqu’à son départ, je ne fais plus de bruit le soir pour laisser les pies dormir, j’entends un arbre frôler le vent. Une forme de tristesse pleine d’espoir – je crois.

(26) Le soir après le repas, nous sortons vers l’étang pas loin de la maison, celui où on peut voir attendre des hérons à côté des pêcheurs. Sauf qu’on n’y arrive jamais. Alors qu’on n’a pas encore quitté notre chemin, on voit passer une voiture de flic banalisée qui fonce à toute allure, sirène hurlante. LeChat rit de sa vitesse, je réponds accident. Et j’ai raison. À la sortie du village, juste après le virage, un accident des plots des flics un énorme camion de pompier (désincarcération, il semble) empêchent la circulation totalement. Nous partons dans l’autre sens, pour ailleurs, dans des rues petites du village qui termine dans une forêt privée. J’ai su plus tard, une motarde a perdu le contrôle de son véhicule, ils ne savent pas pourquoi, je songe à un animal, sanglier peut-être. Les arbres sont toujours debout mais explosés, l’écorce arrachée, comme mis à nu. Des personnes s’arrêtent depuis, pleurer sur les fleurs.
C’est un lieu un peu fourbe, une ligne droite immense et des virages pas énormes qui font semblant d’être anodins et ne le sont pas. À cinq minutes de chez nous, c’est le deuxième endroit dangereux où les accidents se succèdent, et parfois les morts.
(27) L’été arrive avec brusquerie, déjà moite, puis repart, revient. Les trente degrés s’affichent, suivis de vingt, le soleil oscille, hésite. Revient à trente. Cette année est un peu étrange. Mais il y a tellement plus d’insectes et d’oiseaux que l’an dernier. Je les entends, je les vois, chez nous mais aussi parfois sur des chemins de promenade. Je ne comprends pas comment il peut y avoir d’un côté un déclin mondial, et de l’autre une évidente remontée de manière locale.
Par contre, toujours le vide autour des champs.
Un jour, LeChat me rapporte des oeillets et le lendemain mon beau-père m’offre une rose de leur jardin – elle sent un mélange de rose et de litchi. Le bureau s’énivre fièrement de couleurs et d’odeurs, m’apaise. La douleur enraye mes doigts un peu trop ces jours-ci, mais je crée des pages dans le carnet livre depuis un espace dépouillé (j’ai tout envoyé dans des boîtes sous le lit). Je regarde les fleurs libérées de la pagaille et c’est comme un souffle.
Je respire aussi bien qu’il est possible dans la solitude.





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