Dimanche 27
Sans l’envie de dire vraiment et peut-être parce que l’instant présent comptait bien davantage que de l’écrire, je te montre la sortie-promenade-marche sous le soleil à l’aller et la pluie au retour (une pluie douce, des gouttes d’eau tapotant les feuilles de la forêt – sérénité), en photos :












Lorsque nous rentrons, la nature, le vivant continue d’être sous nos yeux :


sur la main de BP
Lundi 28
Corail subit une échographie cardiaque : elle a un souffle au cœur qui ne pose aucun problème, et aucun (autre) problème visible réel n’apparait : retour à la case pulmonaire. Je les soupçonne de nous promener dans des examens onéreux, le prochain est censé nous soutirer 600 €. On arrête là. Visiblement elle a un problème allergique (le problème survient toujours en mars et s’étale jusqu’en été) qui dégénère en asthme grave, ce serait tout de même étonnant que ce soit autre chose (vu que l’hiver, grande forme). Le vétérinaire est d’accord avec l’interprétation, mais conseille tout de même le scanner – évidemment. Celui de l’année dernière avait préconisé de la cortisone sans plus d’examens, nous allons l’écouter lui.
Corail, toujours elle, saute sur une bestiole, je la vois depuis mon bureau qui s’agite, se calme, envoie des baffes, se calme… c’est étrange. Lorsque je vais voir ce qu’elle a déniché de si intéressant, c’est une (grosse) grenouille terrifiée qui n’ose plus bouger, que je découvre. J’appelle vite tout le monde pour l’observer et tend mes mains vers elle pour la sécuriser. Elle se laisse prendre dans les mains, elle est splendide… le temps de la déposer sur la margelle et de sortir le téléphone, elle s’échappe dans un grand plouf (j’ai raté une magnifique photo).
Sur mes mains, une substance visqueuse collante s’est déposée, qui ne part pas au savon ; vive le vinaigre blanc !
Je me suis encore trompée de vocabulaire. Je ne suis pas allergique au lactose (qui n’existe pas en soi, il s’agit de l’intolérance au lactose), mais allergique aux protéines de lait – et c’est un peu l’enfer. Sous un autre angle, c’est finalement une occasion de manger plus sainement. Je mangeais trop de chocolat de toute façon -_-
Je recommence à respirer à peu près, je n’ai plus d’otite, la gorge s’est desserrée (je me demande si ce n’est pas le chèvre qui l’a déclenché, ce qui impliquerait une allergie croisée). Encore bien trois semaines avant que tout soit éliminé et que ce soit fluide.
– mes poumons et les protéines de lait s’apprécient tellement, ils se jettent ensemble par la fenêtre.
A.M tente de m’entrainer dans une rédaction qu’elle voudrait « bien écrite et poétique, est-ce que tu saurais l’écrire » ? j’ai répondu non, et ce n’est pas un mensonge parce que je répondais à la question sous-jacente « peux-tu le faire ». Je ne peux pas. Je n’ai définitivement pas la capacité mentale de m’occuper des vingt ans de la friperie ou d’un texte ou de quoi que ce soit qui ne soit pas quelque chose qui me concerne directement.

Mardi 29
J’ai l’envie, tellement. Le soleil tape trop fort, il brûle les nuques, les têtes, les bras et je ne le gère pas très bien. Peut-être parce qu’on a lu « chemin très ombragé » et que nous avons beau avancer, il n’y a pas d’arbres plus hauts que nous pour s’interposer. Ou probablement que je suis trop fatiguée, que nous le sommes un peu tous. Il y a aussi le chemin, des pierres cailloux jeté.es sur le chemin, terrorisants les articulations : le chemin m’est impossible, je vois enfants et mari loin devant moi quand je suis de mon côté, à la traine. Nous repartons en sens inverse, puis empruntons un autre chemin, plus facile au départ et finalement identique, avec ce même schéma à la traine et les articulations qui souffrent. Sur le retour (deuxième) demi-tour, j’ai un léger malaise, sans doute la chaleur la fatigue les douleurs la respiration hachée ou l’ensemble. Je m’assois à l’ombre ce qui me semble être un temps infini.



LeChat s’énerve, sur l’application qui ne sait pas gérer ce qu’il voudrait (des contre-sens par exemple), sur nos chaussures inadaptées, sur la trop grande chaleur, sur Chouette et moi qui ne peuvent pas suivre (il le dit sans l’enfant à portée, et avec délicatesse, mais râle tout de même), sur le temps que nous mettons pour avancer (je ne prends pourtant plus aucune photo mais les gros cailloux me gênent) et sur l’appli qui annonce d’abord 3h de marche, puis 4h, sur un peu tout en fait.
Je crois que le véritable fond du problème, ce sont les vacances terminées et le fait qu’il reprenne le travail demain.
Le comprendre ne m’empêche pas de culpabiliser d’être si peu mobile.
Pour finir nous faisons au total 5 km, et je suis explosée comme je l’ai rarement été lors d’un retour de sortie. À ne pas vouloir être celle qui fait tout le temps faire demi-tour, j’ai dépassé mes capacités. Le soir mes articulations hurlent, je marche difficilement.
Mercredi 30
Je dors aussi mal qu’il est possible avec un corps douloureux et un rêve cauchemar qui me réveille à 5h du matin. Le rêve dit toutes mes peurs entre lui et moi, je sais l’exact point de destruction possible et dans la nuit encore nuit je le regarde arracher le toit et la pluie tomber dans la maison sur nous. Terrifiant comme dans le rêve je sens l’incompréhension de ce qu’il détruit et la détresse de ce qui l’est. La maison devient tour immense et depuis le grenier troué, je sens la tour bouger sur elle-même, tourner depuis sa base comme si elle était un caoutchouc flexible, foncer vers le bas et faire un cercle de plus en plus rapide, je deviens nauséeuse et j’ai le tournis – je me réveille en criant, nauséeuse et avec le tournis.
Je vais à la fripe et je reste tellement longtemps que je ne sens plus mes bras, je prends des billets beaucoup trop cher pour la petite distance prévue, je marche une heure mais aujourd’hui (cette semaine ?!) c’est trop. Pour compenser, je joue tout l’aprèm – je ne suis plus bonne à rien.
S’ils faisaient des minutes de silence pour chaque meurtre en France, les politiciens diraient peut-être moins de conneries.
Le soir nous regardons Une affaire de famille, un film étonnamment long (2h) où il se passe à la fois peu de choses et absolument tout. Extrêmement bien joué, j’ai vraiment beaucoup aimé et en même temps cela manquait d’entrain, et pourtant j’ai vraiment, vraiment aimé… j’oscille entre deux sensations, c’est assez rare. Également ravie d’avoir reconnu des mots japonais par-ci par-là.
L’école c’est pour les enfants qui n’arrivent pas à étudier chez eux.
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