Je ne l’ai pas montré, j’ai continué à découper coller peindre dessiner écrire dans le carnet journal créatif, j’ai écorché des pages et parfois pleuré, et maintenant que le temps a passé, je peux sortir de ma bulle. Je ne m’explique pas le retrait, mais j’ai suivi le mouvement – c’était la seule chose à faire, disparaitre. Mois (moi) un peu replié, je l’ai froissé sur les pages de mon carnet-livre avec chaque fois cette urgence d’écrire peindre sans élégance, de juste calmer l’angoisse et chercher à décaler ce qui me dévorait. Je ne crois pas avoir réussi. Et puis je l’ai montré trop tôt alors j’ai refermé tout de suite. Une m’a dit « c’est sombre », une autre m’a dit « c’est triste » et d’une certaine manière c’était tout ça et rien, et d’une certaine manière j’aurais préféré qu’elles ne disent pas un mot. Je n’avais même pas offert les vraies sombres, j’avais gardé dans le carnet les aiguisées noires, dispensé aux regards les infernales fiévreuses – les oiseaux fous. La perte deuil entre moi et moi.
Je ne sais pas si j’aurais eu d’autres mots qui font mal, et je ne sais pas pourquoi ils ont fait mal.
C’était très juste, et je ne voulais pas que ça le soit – j’imagine.
Maintenant, je peux, pour certaines pages. Entendre le sombre triste. J’ai passé la marche.
Je. va mieux.
Je bascule dans autre chose.
Un certain refus.
De l’injonction.
D’un avenir.
Respirer sur le moins.
envoutant
Je sélectionne ce que je montre et pas, excès de pudeur . je crois.
Dans le désordre
– mélange d’avril mai comme un incontournable hiver.






.
certains soirs
je n’ai rien attendu
j’ai laissé
le crayon abandonner
des dessins d’autres
ont parlé pour moi
de l’angoisse
de l’instant
de toi
et de toi
aussi
j’ai laissé l’encre
mourir
entre les tasses
de thé
éteintes
.
d’autres matins
je n’ai pas demandé
pas écouté
j’ai bu dans les tasses
l’encre séchée
à en crever
je n’ai pas demandé
pas écouté
pour pas
traverser
les éclats de verre
pas demandé pas écouté
de toute façon
il y a toujours
toujours
quelqu’un qui s’achève
sur ce que tu crèves
aux cisailles

Partages
Debasree Dey art, une artiste sur journal créatif dont j’aime la vibe : son site, instagram
En savoir plus sur Carnets
Subscribe to get the latest posts sent to your email.