2 mai – validisme

17 commentaires

  1. Mais oui
    C’est quoi cette manie qu’on a de serrer les dents pour des trucs bêtes…
    Ce goût de « tu dois finir ce que tu as commencé » aussi. Complètement bête comme principe selon les cas de figure…

    1. L’éducation laisse des traces, parfois c’est un carnage :/
      Effectivement, selon le cas de figure ça n’a aucun sens. Je m’en suis mieux débarrassée de celui-là

  2. « Surtout, que je sais mieux que l’autre ce que je peux ou non ». Mais c’est parfois tellement difficile de dire non, justement parce que l’autre nous fait comprendre que ce n’est pas si difficile/pas si compliqué. On se perd pour l’autre.
    C’est terrible de lire qu’il a suffit de si peu de temps pour mettre à mal tout ce que tu as fait pour reprendre la main sur ton corps et tes souffrances.
    Douce fin de semaine et merci pour ce précieux rappel.

    1. C’est très difficile, et usant, de devoir (ré)expliquer nos capacités, problèmes, cela crée une fatigue/épuisement totalement ignoré·e des autres. Souvent c’est plus simple de faire puis de prendre du temps pour s’en remettre, que de se battre pour ne pas passer pour un·e flemmard·e.

      J’ai eu peur, mais ça se remet bien <3 C’est revenu au niveau d’avant, imparfait mais correct 🙂
      Douce fin de semaine à toi aussi !

  3. Ça me met tellement en colère… (désolée, tu sais bien, la colère c’est mon mode par défaut.)
    « Les gens » partent toujours du principe que. J’en ai conclu que « les gens » voyaient autrui à travers eux-mêmes. Quand ils ont peur que les autres soient des voleurs / des flemmards / des fraudes, c’est parce qu’eux-mêmes ont ça en eux. Eux pourraient le faire, et ça va à l’encontre de leurs valeurs – court-circuit.

    Il y a deux jours, une collègue m’a proposé une sortie au théâtre et je lui ai répondu : « non, merci, jamais de dernière minute pour moi », et j’ai eu l’impression d’une immense victoire. Je te souhaite de t’aimer suffisamment pour répondre quelque chose de similaire un jour. Cette empathie, tu l’as pour tout le monde, je le vois bien. Alors pourquoi pas pour toi ?
    Moi j’ai gagné ça grâce à toi ♥

    1. Oh il y a de quoi être en colère. J’ai un beau-père formidable, qui s’est énormément remis en question sur ce sujet précis d’ailleurs, mais qui cette fois a été rattrapé par toute une vie validiste. Un petit dérapage qui n’était plus là depuis trois ans et est revenu en une discussion.
      C’est totalement ça, tu le dis de manière très juste. Pour mon beau-père, c’est un homme qui ne tient pas en place, son cerveau va à mille à l’heure (son corps aussi, du coup), toujours en train d’inventer un truc, hyperactif. Il a du mal à concevoir que les autres soient plus lents, voire inactifs. Mais comme je le disais, ça va mieux depuis quelques années.

      Jolie réussite ^^
      M’aimer suffisamment, je crois que je progresse bien de ce côté-là. Je patine pour ce qui est de me protéger par contre. Je ne désespère pas… L’empathie pour moi, oui c’est vrai, je vais essayer 🙂

      Ta dernière phrase me touche, je vais avoir besoin de plus d’informations pour bien comprendre tes mots… Qu’ai-je donc fait ?

  4. J’avoue que je n’arrive pas à cerner tes beaux-parents… dans certains articles, ils me semblent gentils et présents et dans d’autres, j’ai envie de leur crier dessus. Si c’était si urgent, si capital, si ça ne pouvait absolument pas attendre lundi, pourquoi n’a-t-il pas proposé de le faire avec Kira ?
    Je suis choquée et triste car dans ma famille, si quelqu’un dit « je ne peux pas je suis malade/blessée/fatiguée » les autres vont aider et prendre le relais. Ça me semble tellement dur le traitement de tes beaux-parents envers toi parfois… mais peut-être que je me trompe (je l’espère)

    1. Je comprends et c’est sans doute dû à ma propre ambivalence, parce qu’ils sont très gentils et présents et que aussi j’ai parfois envie de leur crier dessus. Je les aime énormément et parfois je les déteste. Ils sont hyper généreux et parfois ils (me/nous les enfants et moi) jugent avec des remarques blessantes. Les deux côtés sont là. Ce sont des personnes capables de se remettre en question, du coup on avance vers de belles choses, en cela j’ai de la chance. Ma belle-mère se débat avec sa propre histoire en tant que belle-fille, et ça déteint de temps à autre dans notre relation. Et les deux ont eu beaucoup de mal à entendre les handicaps (le déni a été violent longtemps) des filles comme de moi, l’autisme c’était impossible, le SED n’en parlons pas. Avec le temps ils ont fini par ouvrir les yeux.
      Donc je pose ici ce qui est beau comme ce qui est difficile, parce que les deux coexistent. Je suis soulagée de savoir que leur gentillesse transparait dans mes mots, et pas seulement ce qui pose un problème 🙂

      C’est beau, dans ta famille <3 je ne suis pas certaine que ce soit quelque chose de répandu, je suis vraiment contente pour toi !

  5. Je compatis, tellement. Les remarques en apparence anodines des autres et les situations du quotidien qui font ressurgir le validisme intériorisé et le deuil de ce qu’on ne peut pas faire, c’est tellement douloureux. Parce qu’on ne s’y attend pas forcément, non plus, justement, on se dit c’est pas grand-chose, c’est qu’une petite activité, ça semble si normal pour les autres ; ou parce que les remarques, conseils ou blagues de notre entourage ne sont pas forcément mal intentionnées et jugeantes… ou, comme là ton beau-père, ne te visaient pas forcément toi, il semble juste avoir été trop dans son urgence, son impératif, pour entendre ton impossibilité (j’espère qu’il pourra comprendre, à force, comme son comportement peut t’impacter…). Je fais face si souvent à cette incompréhension de ce qu’un « petit » geste peut nous coûter, de la non-négociabilité de mes limites. C’est difficile de ré-affirmer quelque chose qu’autrui n’a pas reconnu, ne voit pas, ne considère pas comme une réalité.
    Je suis heureuxse de voir que tu as fini par retrouver ta boussole intérieure, après cet épisode, même si c’est injuste de devoir en (re)passer par là de temps à autre. On a été tellement conditionné‧es à nous auto-maltraiter, c’est normal qu’on n’arrive pas toujours à se protéger, quand les circonstances ne nous aident pas…

    1. Merci de tes mots <3
      Je m’étonne régulièrement que ce soit si douloureux, que le deuil est tant de mal à se faire. J’ai toujours la sensation qu’il est fait mais non, qu’on me mette le nez dedans et je m’y blesse. Tous ces gestes empêchés ou qui créent une douleur parce que je force, chaque fois accepter que ça ne sera pas possible, c’est éprouvant.
      C’est exactement ça, mon beau-père était dans son impératif et n’a pas pensé, réalisé qu’il merdait. Il a mis du temps à entendre mes invalidités (à part ma tête épuisée, rien ne se voit, et comme j’ai toujours l’air fatiguée, c’est devenu « normal »), du coup parfois ça ressort.
      Oui c’est difficile de se réaffirmer, redire, réexpliquer, je compatis beaucoup, je me doute (me souviens) que toi aussi tu t’y confrontes souvent.

      C’est épuisant comme l’éducation (et les attentes de la société) nous laissent autant de traces, font autant de dégâts même en ayant grandi et déconstruit beaucoup. Dire non, être entendu, ça reste bancal. Il y a une fatigue énorme, assommante, à devoir sans cesse repasser par l’explication, souvent avec les mêmes personnes, encore et encore et cette fatigue-là court-circuite facilement le « non », cela devient plus simple d’accepter, prendre sur soi, mettre un temps fou à se remettre. Cette fatigue est lourde à porter.

  6. Arf, je viens de longuement commenter et on dirait que mon navigateur a bugué au moment de poster. Zut. J’ai déjà oublié mes mots.
    C’était compassion et compréhension pour ce que tu as vécu, pour le validisme intériorisé et le deuil de ce qu’on ne peut pas faire qui surgissent comme ça dans les situations du quotidien, face à nos proches, à des remarques et attitudes en apparence anodines, pas forcément malveillantes, juste très égocentrées (ton beau-père trop pris par son sentiment d’urgence et d’impératif pour entendre ton impossibilité et comprendre que ta santé est plus importante que des fèves). Empathie pour ces petites gifles émotionnelles qu’on se prend régulièrement, quand on est confronté à une tâche pas faisable pour nous, mais présentée comme possible et normale, alors on pense que le problème c’est nous, alors que le problème c’est que la tâche n’est pas adaptée pour nous. Et joie de voir que tu as pu finalement retrouver ta boussole intérieure, même si c’est injuste que ça doive être encore parfois au prix de ce genre d’épisode (avec ses conséquences très concrètes, physiques).
    Patience, ça prend du temps de se reconstruire un instinct d’auto-préservation et surtout de réussir à l’écouter continuellement même quand il est nié ou remis en question par autrui. C’était sacrément difficile, comme situation. C’était difficile de dire non, c’était difficile de le faire, c’était difficile d’être confrontée à ce que tu aimerais faire et ne peux pas faire.

      1. Je suis navrée que tu aies dû le réécrire, je te remercie beaucoup d’avoir tenté un autre commentaire (j’aime les deux, je les garde ^^). Ma connexion ici est un fiasco, j’ai pris l’habitude (presque, parfois j’oublie) de copier mes mots avant d’envoyer (au pire je n’ai plus qu’à coller quand l’envoi rate). Tout ça pour dire : je compatis, ça m’arrive tout le temps -_-

        1. Je fais ça aussi souvent, copier avant d’envoyer, quand j’ai écrit quelque chose de long (aussi dans mes messageries personnelles), juste là pas, évidemment ^^ Mais c’est très bien, comme ça tu as deux versions 🙂

          1. J’ai remarqué moi aussi, que la loi de Murphy s’applique ici : si tu n’as pas sauvegardé, ça plantera ^^

Laisser un mot doux