Il y a cet endroit
Du monde où s’écrivent
Des histoires fracturées
Déjà lues mille fois.
Elles se perlent
D’un océan qui ne coulera jamais
Même lorsque les coups
Depuis les plus obscurs
Pénètreront les chairs.
La ville te reprendra
Dans ses va-et-vient éternels
Et ses rires
D’hommes puissants penchés sur toi
Jamais plus ne te lâchera.
À genoux, t’écorchera le vide
Devant la maison de poupées
Sur des tables brisées
Devant des poings tracés sur des murs
Et dans les jardins, des clous rouillés
S’enfonceront jusqu’à l’âme.
Alors mille fois les yeux tu lèveras
Sur ce qu’ils ont fait, font, feront
Ils céderont leur place
Et de cette terre rouge
Tu bâtiras celles à venir
Jusqu’à briser leurs dos trop droits
S’il le faut
Et chaque hurlement te relèvera.
Debout, tu prononceras
Tu as le droit
Des draps lisses
Le désir éveillé
De marcher dans les villes les forêts et les nuits
Et de réécrire cet endroit
De toi, seulement toi.
¹ Titre emprunté à Tracy K. Smith, Cette couleur-là.
Parce que de lui, les mots ont forcé le passage et j’ai écrit « ça ».
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