J’ai démarré l’année en douceur, avec une envie de couette et de tasses de thé. Et donc, de bons livres. Je m’en suis assez bien sortie, entre des ouvrages que j’avais entamés plusieurs mois en arrière (une année entière pour l’un d’eux… je suis impressionnée) et d’autres dont j’avais beaucoup entendu parler. Deux livres proviennent de deux concours différents, un sur Instagram (Babelio) et un sur masse critique (Babelio aussi). Ma conclusion immédiate est que j’adore ce site (intéressée, moi ? je ne vois pas ^^).
En fin d’article, vous trouverez les auteurs par tags (plus facile de retrouver ainsi les autres livres lus).
La superbe image ci-dessus provient du site de Alix Naudot Guillerm, plus exactement de l’univers de ses livres « À la recherche de l’esprit renard ».
Précisions sur ma notation
. 0.5 ⭐n’aurait pas dû être écrit
. 1 ⭐pas beaucoup mieux, mais il y a pire visiblement
. 1,5 ⭐pas terrible
. 2 ⭐Je n’ai pas aimé mais certaines choses sont à sauver
. 2,5 ⭐ impossible de trancher entre ça m’a plus et j’ai détesté, vide intersidéral
. 3 ⭐ pas mal, sans plus
. 3,5 ⭐bien, quelques réserves
. 4⭐ j’ai adoré
. 4,5 ⭐ presque parfait
. 5 ⭐ perle rare
Janvier, 10 livres lus : 1 bande-dessinée,

Bande dessinée

Heartstopper, tome 2 : Un secret – Alice Oseman
Lu en anglais. Honnêtement c’est très gentillet, cible adolescente. Mais le lire en anglais me permet un accès simple à la langue et de voir où se situe mon niveau (d’où la distance temporelle entre chaque ouvrage, il est là seulement comme jauge linguistique). Visiblement, j’ai progressé ce qui m’a enchantée (mais j’ai encore du travail pour la fluidité).
Le dessin n’a pas du tout ma préférence (assez basique), l’histoire avance très lentement, ce n’est pas fou, voire plat. Mais il a son intérêt côté jeunesse, il évoque les différentes sexualités et même vaguement la transidentité. Il décomplexe les différences, et en ça il est très bien.
Les non-fictions
Arbres, secrets de géants – Francis Martin (masse critique)
.Les photos tout d’abord, sont de toute beauté. Elles ont une force qu’on ne rencontre pas souvent : l’âme des arbres. Chaque photo est une émotion, un désir de se rendre sur place pour faire connaissance. J’ai été tout autant touchée par le texte, poétique, parfois méditatif, relié aux légendes anciennes comme à la réalité des habitats plus terrestres. On y sent tout l’amour pour ces arbres, autant que celui rencontré à travers eux. J’ai apprécié ce côté un peu éthéré, au vocabulaire paradoxalement précis que je ne connaissais pas toujours (j’ai cherché quelques mots, ô joie rarement renouvelée). Comme « usnée » qui est arrivé sous mes yeux et dont le sens m’échappait, j’ai découvert qu’il s’agissait d’une sorte de lichens.
Il apporte une douceur, un regard qui nous manque cruellement dans ce monde fait d’écrans et de guerres.


Journal d’un jeune naturaliste – Dara McAnulty
L’auteur a 14 ans à la rédaction de ce livre, il est autiste et passionné par la nature (expert, même). Il partage ici une année d’écriture dans son journal, au fil des saisons et des animaux rencontrés (souvent des oiseaux), mais aussi ses actions pour sauver le vivant. Le langage est soutenu, c’est incroyable vu son âge. L’ouvrage est impressionnant par la qualité d’écriture, la précision sur les espèces et ses connaissances pointues.
Beaucoup de poésie, aussi. Bizarrement j’ai mis une année à le lire, je n’étais jusque là pas dans la bonne disposition pour le terminer, alors que pourtant, il vaut le coup et je me suis régalée (allez comprendre).
Œuvres, tome 1 – Alejandra Pizarnik
Un livre inégal mais contenant des pépites poétiques et saisissantes, regroupant une gtrande partie des écrits de l’autrice argentine Alejandra Pizarnik. Elle repoussait la mort, la souffrance, le silence par ses mots. Ils alternent entre fragilité, obsession, fêlures. L’ensemble est sombre, intense, troublé. Bouleversant.
Les textes en prose ne m’ont pas parlé (d’où mon recul, un peu) et La Comtesse sanglante m’a rebuté (on ne peut lutter contre l’insupportable). Mais toute la première partie par contre, m’a touchée au cœur. Comme un écho d’un carnet qui avait la même texture, la même couleur, la même tonalité peut-être et où j’avais tant écrit de la poésie, jeune adulte, un temps où je songeais à la mort – détruit depuis.
Je soupçonne une enfance elle aussi détruite.
Sur une étagère, il trône.
Je sais de l’enfance
qu’une peur lumineuse
et une main qui m’entraîne
vers mon autre rive.
Mon enfance et son parfum
d’oiseau caressé

Un jour, peut-être, trouverons-nous refuge dans la réalité véritable. En attendant, puis-je dire jusqu’à quel point je suis contre ?
Que se donnent-elles entre elles les ombres
Et moi ? J’en ai sauvé combien moi ?
M’être prosternée devant la souffrance des autres, m’être tue en l’honneur des autres.
J’en sais peu sur la nuit
mais la nuit semble en savoir sur moi,
et plus encore, elle m’assiste comme si elle m’aimait,
elle me couvre la conscience de ses étoiles.Peut-être la nuit est-elle la vie et le soleil la mort
Peut-être la nuit n’est-elle rien
et les conjectures sur elle rien
et les êtres qui la vivent rien.
Peut-être les mots sont-ils la seule chose à exister
dans l’énorme vide des siècles
qui nous griffent l’âme de leurs souvenirs.Mais la nuit doit connaître la misère
qui boit notre sang et nos idées.
Elle doit jeter de la haine sur nos regards
les sachant pleins d’intérêts, de conflits.Mais il se trouve que j’entends la nuit pleurer dans mes os.
Son immense larme délire
et crie que quelque chose est parti pour toujours.Un jour nous recommencerons à être.
Les romans

Ici et seulement ici – Christelle Dabos
Compliqué ce livre. D’un côté, le thème était formidable. Poussé à son extrême, mais il avait du potentiel. Je me suis pris ma scolarité (primaire comme collège) dans la tête, l’invisiblité comme les coups et franchement, c’est percutant. Je suis partie avec l’idée que ça allait être rude, intense, mais il y a eut un gros ratage côté réalisation comme écriture. C’était trop : les enfants étaient trop horribles, les adultes trop détestables, les victimes trop… victimes ?, la nouvelle élève trop différente/parfaite.
Pour le style, le fil narratif est inexistant, on alterne imaginaire et réel sans avoir pied, le vocabulaire est grossier, confus, violent, glauque, la fin est difficilement compréhensible. Pire, c’est malaisant. Plus je la lis, moins je l’apprécie. Ma conclusion, elle est éditée grâce au succès de La Passe-miroir, mais ça s’arrête là.
La Forêt de flammes et d’ombres – Akira Mizubayashi
J’ai navigué entre grand plaisir et ennui, selon les moments de ma lecture. La musique et la peinture ont un côté vivant impressionnant, élégant, poétique. Il est pour autant déroutant par sa mise à distance et ses sauts dans le temps qui ne préviennent pas. On peut arriver d’un seul coup dans une conversation dans la cuisine, puis repartir pour dix ans ou plus dans le chapitre suivant, sans lien aucun. Très déroutant, disais-je.
La longévité du chien (80 ans, à la louche) m’a déroutée et sortie du texte plusieurs fois, avant d’être finalement expliquée à la toute fin (mais trop tard).
Intéressant, beau, émouvant certes, mais lent.


À la recherche de l’esprit renard, tome 2 : Rogues – Alix Naudot Guillerm
Autant j’ai adoré le premier tome, autant j’ai été déçue par celui-ci. J’ai eu de la difficulté à rentrer dedans, et Merle (personnage principal) m’a pris la tête avec ses émotions négatives (déjà qu’il n’était pas mon préféré…). Et justement, les deux personnages que j’adorais sont à peine visibles et surtout ne se ressemblent pas du tout, au point qu’ils pourraient être n’importe qui. Il n’y a que peu d’action, mais ça ne m’aurait pas dérangé si les personnages avaient été fidèles à eux-mêmes. J’ai perdu Embrun, je le vis mal.
La seconde partie du livre est meilleure ceci dit, et l’univers est toujours superbe et incroyable. Je lirai la suite, en espérant qu’elle soit plus à la hauteur du premier (qui est merveilleux).
Les cerisiers fleurissent aussi la nuit – Garance Solveg
C’est avec délicatesse mais sans détourner le regard, qu’on plonge dans l’expérimentation japonaise en 1945 (rien à envier aux camps allemands) lors de l’occupation de la Mandchourie (en Chine). Cet aspect historique est bien écrit, les rebondissements bien menés, ce livre est addictif. J’ai beaucoup aimé lire ces sœurs éloignées, et la culture japonaise si particulière.
Petit bémol lors du dénouement (sombre, voire glauque), le retournement de situation m’a paru peu crédible et trop facile (et puis c’était déjà horrible, fallait-il vraiment en rajouter ?).
Un livre à lire pour son approche historique autant que pour sa qualité d’écriture.


Effacée, tome 1 – Teri Terry
Le concept est formidable, la réalisation est mauvaise : histoire mal écrite, écriture pauvre et naïve, héroïne fade, un monde mal posé (futuriste mais classique en dehors des nivo) qu’on imagine donc très mal (parce qu’en plus il y a peu de descriptions). Les personnages sont interchangeables, le rythme est lent, j’en passe. Il y a accumulation de clichés bien lourds (et l’histoire d’amour n’est pas crédible). Cerise sur le gâteau, l’autrice s’est dit qu’il serait bien de dire que dans ce monde, ils ont guéri l’autisme (c’est devenu une maladie, chez eux, donc, rhhaaaa). Quelques envies de meurtre plus tard, j’ai lu en diagonal et la fin ne vaut pas de se donner tout ce mal.
Je vais fuir l’autrice, évidemment.
Rosaces & Dragons – Ielenna
C’est sympathique avec un « mais ». Maladroit et pas toujours bien écrit, cela manque de rebondissements, d’attraits. L’histoire se déroule sans heurts, c’est linéaire, on sait exactement où on va. Les personnages ne sont pas attachants non plus, et sont assez caricaturaux. Les valeurs par contre sont belles : de très beaux messages sur l’acceptation de soi, le poids des attentes familiales, l’émancipation nécessaire. Mais là encore, c’est mal dosé, trop (scolaire ?). L’amourette entre dragons m’a saoulée, aussi ^^
La fin, même si j’ai compris tout de suite, est percutante. Je la pense très bien pour un jeune ado ou pour les personnes cherchant une lecture « cosy » (j’ai constaté plusieurs fois, ce style n’est pas pour moi).

Livres en cours
. Le livre des vies : Mémoires écarlates, Margaret Atwood (ouaip, toujours)
. Sous l’écorce, Agnès Ledig
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