Eliness a soulevé Tidal comme possibilité et c’est un fait que je l’ai évacué rapidement, par fatigue intense (j’assume ma flemme). Qobuz (qui a des qualités indéniables mais ne nous correspond juste pas du tout) m’a pris toute mon énergie, à la suite de quoi c’est devenu un peu compliqué pour moi. J’ai cherché à privilégier une entreprise française aussi, d’où le choix de Deezer (LeChat était très tenté). Le fait que Tidal soit américain ne me plait pas, vu le contexte actuel. À quel moment Trump fera pression sur eux simplement parce que c’est un jour bleu ? Je ne veux pas passer mon temps à migrer, juste poser mes valises quelque part, fermer les yeux, écouter et me ressourcer.
Nous verrons.
Historique (minimaliste) de Tidal
Lancé en 2014 en Suède, il est racheté en 2015 par le rappeur Jay-Z et ce dernier multiplie les artistes actionnaires : Madonna, Daft Punk, Beyoncé, etc. En 2021, une grande partie est rachetée par Jack Dorsey (ex-fondateur de Twitter, et fondateur de Bluesky entre autre). Le but de cette nouvelle plateforme est de mieux rémunérer les artistes, d’où leur présence côté actionnaire : ils sont concernés.
Quelques scandales entachent un peu les beaux principes, mais sans retombées réelles : des chiffres utilisateurs auraient été gonflés, puis les écoutes de Beyoncé et Kanie West auraient été faslsifiées (tous deux actionnaires à ce moment-là) gonflant ainsi les rémunérations. En creusant un peu, l’affaire a été abandonnée faute de preuves.
Conclusion :
Disons que sur le papier, c’est très correct. Et pour le reste… on verra (jen suis à croiser les doigts). Au moins, il n’y a aucun argent reversé dans une guerre ou une autre. Parce que je crois ne pas l’avoir signalé avec précision : Spotify a investi 700 millions dans Helsing, entreprise spécialisée dans l’armement (dont il est le président du conseil d’administration… ça explique).
J’ajoute ceci : pourquoi le départ d’artistes de Spotify ne peut être qu’anecdotique pour l’instant. Mais si les utilisateurs partent, le reste suivra.
Rémunération pour 1000 streams : 12 €
Je rappelle :
* Spotify reverse 3 € à l’artiste
* Deezer reverse 5 €
* Qobuz reverse 18 €
* Youtube reverse 0,80 €
Expérience lors de l’installation de Tidal
Je ne le répèterai jamais assez : je suis épuisée (et aussi, obsessionnelle). Je teste donc Tidal, mais je suis à côté de moi. J’ai donc certes rapatrié mes listes mais depuis Deezer, au lieu de le faire depuis Spotify. Le chiffre d’erreur est donc non fiable, à côté de la plaque par rapport à la première expérience. La flemme de recommencer, si tu savais. Mais comme une seule musique m’avait fait de la peine dans le premier transfert, je suppose que le mal est moindre en ce qui me concerne (pour l’expérience par contre…).
C’est aussi tout naturellement que lorsque le compte m’a demandé le nom de connexion que je souhaitais, je n’ai pas compris et j’ai rentré une boite mail. Autant te dire que je suis saoulée gravement : on ne peut plus le changer. Ma seule option serait de supprimer Tidal pour recréer un compte (je crois que tu as saisi : flemme).
La migration depuis Deezer :
Heureuse détentrice de désormais 2781 titres (Deezer a bien travaillé dans ses suggestions sur ces quelques jours de cohabitation brêve, et j’ai aussi triché en écoutant celles du lundi chez Spotify, ahum), Tidal a perdu 22 titres dans la conversion (contenant beaucoup de doublons, mais flemme de compter – tu le sens que l’article va être moins précis ?), trois seulement sont un souci. Sauf qu’après vérification, un des titres en question n’est plus sur Spotify non plus, donc… voilà.
Par contre, le titre important que j’avais perdu de Spotify à Deezer est sur Tidal, me voici de nouveau l’heureuse « propriétaire » d’une écoute parfaite de Vrbice :
Kira aussi a fait sa migration (depuis Spotify, elle). De toute façon ce n’est pas compliqué : elle a installé Deezer, ne s’en est pas servi, et trois jours après elle s’est énervée dessus : « non mais de toute façon je ne l’aime pas, je désinstalle ». Ok. Sans savoir si Tidal conviendrait, donc. Rejet pur et simple. Et je comprends, je n’aime pas beaucoup l’interface non plus (je m’en suis aperçue quand j’ai découvert Tidal ; je n’aime ni Spotify ni Deezer. C’est dur, les comparaisons).
Et donc, le transfert. Je rappelle que Deezer lui avait perdu 64 titres, mais avec beaucoup de doublons, et seulement 4 posaient un souci. Tidal de son côté, a perdu 53 titres, et toujours beaucoup de doublons. Après vérification, pas mal de titres n’existaient plus non plus sur Spotify, pareil pour les artistes ciblés (ont-ils claqué la porte ?). Elle a récupéré quelques titres via Youtube, sans plus. Côté perte, donc, ça va bien.
Chouette de son côté a perdu 22 titres (conversion Spotify/Tidal aussi), des doublons au milieu, et YouTube a sauvé un titre ou deux. Perte non significative, donc, pour elle aussi (imaginez, elle a haussé les épaules).
Petite comparaison Deezer – Tidal (et vaguement Spotify au milieu)

Points forts
- L’interface est plus agréable. Plus « ronde ». Je n’ai pas les mots adéquats pour l’exprimer, mais je préfère la police utilisée, comme la présentation. Il y a un petit quelque chose de plus intuitif visuellement, de plus apaisant (Deezer, je mettrai plus le mot « carré »)
- Rendu sonore très bon (immersif même)
- Paroles intégrées
- Même dispositif que chez Deezer, on peut préciser détester un titre ou un artiste
- Moins cher que Spotify ou Deezer, 16,99 € le forfait famille (10,99 € en individuel)
- Pas de vidéos dans tous les sens (comme chez Spotify), c’est apaisant (pareil chez Deezer d’ailleurs)
- Algorithme incroyable qui bat totalement toutes les plateformes (mais pourquoi personne n’en parle ?!)
Et c’est là que je suis faible : l’algorithme. Dès les premières minutes après l’installation et le rapatriement de mes playlists, je lance deux titres de ma dernière et je le laisse continuer seul (ce que Deezer ne sait pas faire, ou c’est moi qui n’ai pas trouvé). Et là, l’expérience me fait halluciner. Le style proposé est cohérent, mais ça n’a rien à voir avec Deezer, qui m’a proposé quelques titres intéressants à mes oreilles mais a aussi beaucoup envoyé de ce que j’avais déjà entendu (voire était dans mes playlists). Pas désagréable bien sûr, mais j’attends surtout des nouveautés. J’ai aussi passé plus d’une fois des titres qui ne me plaisaient pas, et j’ai envie de dire : comme sur Spotify.
Tidal lui, s’est lancé les yeux fermés, sans me connaitre (sans même me demander quels artistes me plaisaient), et pendant deux heures je n’ai pas une seule fois passé un titre (il en a fallu quatre pour que ça arrive une fois). Et j’ai fini par comprendre comment il fait : il se base sur l’écoute de la précédente chanson et lance une proposition en fonction. Tout simplement.
Je ne veux plus jamais quitter cet espace ^^’
L’expérience est incroyable. Ma vie entière est basée sur ce besoin fondamental : écouter une musique dans mes teintes. Et c’est exactement ce qu’il m’offre. Je n’ajoute pas beaucoup de musiques à mes listes, c’est un peu comme si je n’en avais pas besoin. Je me contente de me laisser bercer, je flotte sur une musique qui me ressemble et la vie est une merveille. C’est fou, mais je reste apaisée durant toute l’écoute, il n’y a rien pour venir me stresser. Jamais encore je n’avais vécu ça, à moins de lancer un album précis moi-même. Ça se passe tellement bien, j’ai peur de l’interrompre : je n’ai pas bougé depuis le lancement aléatoire à la suite de mes deux premiers titres, c’est toujours le même fil tiré, un fil argenté, et j’adore. Dans le fil d’actualité, il m’a proposé 5 nouveautés en singles et albums, d’artistes que j’aime (il a raison en plus hein, je les aime), je n’ose pas cliquer, j’ai besoin de garder ce filament argenté encore entre les doigts, ne pas le perdre. Profiter de cet instant de grâce.
J’ai du coup l’impression d’être chez moi, ce qui devient gênant au vu des petits soucis rencontrés : je manque d’objectivité et je me fiche de ce qui manque. C’est amusant parce que chez Qobuz, ça m’a vraiment saoulée très fort, les utilisateurs invisibles. Là, ça m’ennuie, j’espère sincèrement qu’ils résoudront ça un jour, mais je m’en fiche un peu : j’écoute de la bonne musique (ce n’est pas vrai que je m’en fiche, c’est juste… triste de ne pas pouvoir, et je veux cette plateforme quand même).
Sauf que. Je finis (je suis une personne obstinée) après pas mal de tâtonnements par comprendre que le système fonctionne un peu différemment : si tu as le nom de la personne et que tu le tapes directement dans la barre de recherche de ton navigateur, tu peux la suivre ! Cela donne : tidal.com/@nomdelapersonne. Problème réglé.
Points faibles
- Le système pour trouver les utilisateurs n’est pas évident, mais faisable
- Système qui veut que les playlists des autres personnes soient étiquetées « playlist utilisateur » sans le pseudo (d’un certain côté, cela rend le compte un peu privé, c’est peut-être bien aussi)
- Pas de bouton pour ajouter en playlist, il faut cliquer sur 3 points qui font apparaître un tas de possibilités. Du coup il faut attendre de voir apparaître une phrase comme quoi il y a doublon, pour le savoir : perte de temps
- Sur l’appli, pour ajouter un titre, impossible de chercher une playlist par son nom : j’en ai (désormais) 118, c’est long. Problème qui n’existe pas sur la page web, la recherche y est accessible
- J’ai apprécié (trois secondes du coup) les paroles traduites sur Deezer, ici ce n’est pas le cas
- Petit couac lors du rapatriement des artistes : il a transformé Colt en Colt Ford, je ne sais pas ce qui lui a pris
- Pas de podcasts (mais il y a des applis qui le font très bien)
- Pas de playlist collaborative (assez étonnant)
- la recherche doit être sans faute, sinon il ne trouve pas bien
- Plus de playlist nouveautés du vendredi… : pas de playlist découverte
- Aucune synchronisation, le lien entre l’appli du tel et la page web ne se fait pas : ce que j’écoute d’un côté n’est pas reprenable sur l’autre. En clair, pas de « Tidal Connect » (j’en ai profité pour avoir deux fils d’écoute différents, il faut être positif parfois)
Si on y regarde bien, les problèmes rencontrés sont facilement contournables. Si on excepte la playlist du vendredi (et du lundi ^^’) de Spotify que j’appréciais beaucoup, qui sera à priori compensé par les propositions faites sur les précédentes écoutes, ça va. En tout cas là tout de suite, j’en suis satisfaite.
Par défaut, les playlists rappatriées sont toutes enregistrées en « privé », je les ai globalement laissées comme ça : il va vraiment y avoir besoin que je fasse le ménage. Les titres ne correspondent pas toujours aux playlists et un quart ne doit même plus être apprécié (si ce n’est plus). J’ai du travail. Mais bizarrement, là où sur Deezer je n’avais pas du tout envie de m’y mettre, ici oui. L’interface vraiment est un plaisir.
Un grand remerciement à Eli ♡ qui m’a bousculée sans le vouloir mais a permis cette belle découverte que j’avais moi, laissée de côté un peu trop facilement.
Et si j’ai oublié de parler de quelque chose ou que vous avez des questions, n’hésitez pas.
Mon compte est là : Tidal
Mise à jour concernant Deezer
Ca ne va pas vous plaire.
(je n’avais pas suffisamment creusé)
Deezer n’est plus du tout français. Alors que cela reste annoncé ainsi un peu partout (incluant Wikipédia), il a en réalité été racheté en 2016 par l’investisseur russo-américain dont je parlais dans l’autre article (celui soutenant Isräel grâce à ses propres médias, contribuant tranquillement au génocide en cours) et qui était censé n’être qu’un investisseur, Leonard Blavatnik. L’homme est propriétaire de Warner Music Group, et a une grande part aussi dans Shazam et la billetterie en ligne Songkick. Il finance également le football français, le MoMA, le British Museum, Oxford ou encore Harvard (à qui il a fait un chantage financier pour stopper la pression estudiantine soutenant la Palestine). Si vous avez l’impression d’être pris dans une toile, c’est normal : c’est le cas.
C’est un parmi d’autres. On ne présente plus Elon Musk, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, etc. parce qu’ils sont connus, mais il y a tout ceux dans l’ombre comme Leonard Blavatnik qui tuent lentement nos libertés quand ce ne sont pas directement des personnes, sans être pointés du doigt.
Il est pratiquement impossible, à l’heure actuelle, de vivre, manger, consommer, écouter de la musique, voir un film, s’habiller, lire un livre ou un magazine, se rendre dans un musée, aller à une expo et j’en passe, sans financer indirectement une personne, une entreprise, un scandale, une honte, un écocide, une guerre ou un crime autre. Je crois qu’il va falloir certes résister, mais surtout ne pas culpabiliser. Nous sommes cernés, et nous faisons de notre mieux.
Aujourd’hui je quitte Spotify (et Deezer), en espérant simplement que Tidal soit à la hauteur sur un plan éthique. Je ne peux rien faire d’autre que tenter de boycotter ce qui m’est connu, en croisant les doigts pour que ça tienne.
Quel triste monde.
Edit :
L’essai est en cours avec Lutin.e : 1300 titres rappatriés depuis Spotify, 239 titres non trouvés (iel écoute essentiellement des indépendants peu connus), des artistes mal étiquettés (comme pour moi avec Colt / Colt Ford) et des titres pareillement wtf.
Pas au point… (mais pour l’instant iel reste convaincu, parce que très motivé !)
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